Faux ! En réalité, les dépenses publiques en France avant tout sociales. La part consacrée aux services collectifs est plus faible, et équivalente à nos voisins allemands.

Représentant près de 55 % du PIB – avant la crise –, la dépense publique est assurément élevée dans l’Hexagone. Ce chiffre est même un record européen, voire mondial si l’on considère les seuls pays développés.

Est-ce à dire que les services publics français disposent d’un niveau de financement particulièrement élevé ? Beaucoup sont tentés de le penser. Et de comparer la qualité desdits services, souvent défaillante, au "pognon de dingue" que l’État déverse sur eux.

Cette caricature a peu à voir avec la réalité.

Il faut d’abord savoir de quoi on parle. Certains services dits publics ne relèvent en fait pas, pour l’essentiel, du financement par l’État. C’est le cas d’entreprises comme EDF ou la SNCF. En revanche, l’éducation nationale est bien un service public, de même que la police ou la justice. Autant de fonctions de l’État qui ne semblent pas surfinancées. Un indice : la dépense publique par étudiant ne cesse de diminuer.

Alors, où vont tous ces milliards, ces 55 % du PIB ?

Pour l’essentiel, il s’agit de dépenses sociales.

L’État français est une immense machine à redistribuer : il prélève sur les revenus de certains pour donner à d’autres. On pense à toutes les aides sociales, bien sûr.

Mais le premier poste de la dépense publique, et de très loin, ce sont les retraites, financées par de lourdes cotisations sociales. Pour 100 euros de crédits publics votés par le parlement, 27 servent à financer les retraites. 

En Chiffres

27%

des crédits publics votés par le Parlement servent à financer les retraites. 

C’est un choix de société : seuls 8 % des personnes à la retraite sont pauvres, contre près de 20 % en Allemagne. En moyenne, les retraités français vivent légèrement mieux que le reste de la population, à charge de famille comparable.

Au total, la dépense sociale (retraites, aides aux pauvres, au logement, politique familiale, santé) représente en France 32 % du PIB. Les 23 % restants doivent donc financer, par ordre d’importance budgétaire, l’éducation, les intérêts sur la dette, les transports, la défense, la sécurité, la culture, le sport…

La dépense publique en France représente au total 10 points de PIB de plus qu’en Allemagne. Hors dépenses sociales, l’écart tombe à quatre points. Il s’explique en premier lieu par des crédits accordés à la défense plus importants de ce côté-ci du Rhin.