Soucieux de pédagogie et donc simplificateur, le ministre français des Finances martèle que l’État devra rembourser, à la façon d’un foyer endetté. La réalité est plus complexe.

Voilà un débat des plus mal posés. Le ministre des Finances, Bruno Le Maire, ne cesse de répéter que l’État devra rembourser sa dette, née de la crise sanitaire, grâce à la croissance et à des réformes structurelles. Mais en quoi ces deux facteurs favorables, qui permettraient effectivement de réduire à l’avenir le déficit public, contribueraient-ils au remboursement de la dette ?

Bercy simplifie la réalité à outrance pour préparer les esprits à l’après-crise, quand il faudra sortir du « quoi qu’il en coûte » et donc revenir à une certaine rigueur. Voulant faire simple et clair pour tout le monde, le gouvernement assimile l’État à un ménage qui, lui, doit rembourser ses dettes chaque mois.

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«Oui... 89 milliards en plusieurs fois sans frais. Je vous donne le numéro de carte bancaire?»