L’ISF rapportait 5 milliards d’euros et faisait fuir des capitaux par dizaines de milliards d’euros. L’investissement et l’emploi étaient ainsi pénalisés en France.

Le 1er janvier 2018, l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), devenait l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI). Quelques mois plus tard, les « Gilets jaunes » clamaient lors des manifestations : « Rendez-nous l’ISF ! », appelant à une augmentation des impôts pour réduire les inégalités et la pauvreté.

Selon le gouvernement, en revanche, cette réforme fiscale va stimuler l’économie et l’emploi en réorientant l’épargne vers des investissements plus productifs. Elle va donc améliorer durablement l’attractivité de la France (la majorité des pays européens n’ayant pas d’ISF). Et la France restera tout de même le pays le plus généreux de l’OCDE en matière de dépenses sociales (31,2 % du PIB en 2018).

Comparer IFI et ISF

L’IFI ressemble beaucoup à l’ISF. La différence majeure, c’est son « assiette ». Alors que L’ISF taxait annuellement le patrimoine des personnes physiques, composé d’actifs mobiliers ou immobiliers, au-delà d’un seuil fixé à 1,3 million d’euros, l’IFI ne concerne que le patrimoine immobilier (difficilement délocalisable) non affecté à une activité professionnelle.

Le barème reste celui de l’ISF (de 0,5 % à 1,5 %). Le plafonnement est maintenu afin que l’IFI, augmenté de l’impôt sur le revenu, n’excède jamais 75 % des revenus du contribuable. Le patrimoine non immobilier, notamment les valeurs mobilières (livrets d’épargne, placements financiers) est exonéré d’impôt, mais un prélèvement forfaitaire unique (PFU) ou flat tax de 30 % s’applique aux revenus et plus-values mobiliers.

Taxe et fuite des capitaux

Le principal défaut de l’ISF, c’était sa contribution à l’exil fiscal de riches contribuables, à la délocalisation et à la cession d’entreprises, soit un manque à gagner pour l’État et pour l’économie en termes de compétitivité et d’emplois non créés de plusieurs dizaines de milliards d’euros par an, pour une recette annuelle d’environ… 5 milliards.

La France est le premier pays « exportateur de milliardaires », ces entrepreneurs, artistes ou sportifs qui vont dépenser, créer des activités et payer leurs impôts ailleurs. En effet, le capital est très mobile. Taxez-le, il s’en va, alors qu’il est indispensable pour financer les investissements des entreprises.

L’économiste français Philippe Aghion insiste : « Plus on surtaxe le capital, plus on réduit la croissance par l’innovation et donc plus on augmente les inégalités », puisque les entreprises créent moins de richesses et moins d’emplois.