Revenu universel : l’arme fatale anti-pauvreté ? Pas certain !

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Revenu universel : l’arme fatale anti-pauvreté ? Pas certain !

Attribuer un revenu de base à tout le monde, cela permettrait d’extraire des millions de personnes du besoin. Peut-être. Encore faudrait-il pouvoir le financer.

Il y a une idée dont s’emparent régulièrement certains responsables politiques avant, souvent, de l’abandonner, sans le crier sur les toits. Ils viennent aussi bien de la gauche que de la droite de l’échiquier politique, puisqu’on a vu tour à tour Benoît Hamon et Alain Madelin mettre en avant le revenu universel. À priori, il a tout pour séduire.

Comment refuser un outil permettant d’éclaircir le maquis administratif, de simplifier radicalement la protection sociale, au profit d’un objectif évidemment louable, celui d’éradiquer la pauvreté et la grande précarité, en offrant à tout citoyen un véritable filet de sécurité ? C’est à se demander pourquoi cette idée n’est pas déjà appliquée…

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Ils ne se sont pas moqués de toi, elle doit valoir au moins dix revenus universels.

Soumis au barème de l’impôt sur le revenu

Avec le revenu universel, toutes les personnes vivant légalement sur le territoire où il a été instauré recevraient chaque mois une somme d’argent fixe de la part de l’État. Même les plus aisés y auraient droit.

Injuste ? Pas forcément, puisque les riches rendraient cette somme –et bien au-delà – à l’État, sous forme d’impôt. En fait, même pour les classes moyennes, l’impôt dépasserait le montant du revenu universel.

Sachant que, les partisans de ce système le soulignent, cette « rémunération » de base serait soumise au barème de l’impôt sur le revenu. Pas question, bien sûr, s’agissant des plus pauvres, de leur reprendre d’une main ce qu’on leur a donné de l’autre : ils se situeraient dans la tranche d’imposition à 0 %.

D’un point de vue théorique, la réforme semble tenir la route. Tout se complique quand vient le moment de la chiffrer.

Imaginons qu’en France, l’État veuille donner tous les mois 450 euros à chaque adulte, un montant loin d’être exorbitant. Il en coûterait plus de 300 milliards d’euros.

Comment les financer  ? La méthode mise généralement en avant consiste à remplacer les minima sociaux, au montant variable selon que la personne est retraitée, au chômage… par ce revenu universel. L’économie serait alors de 27 milliards d’euros. Très loin de la facture de 300 milliards.

Il reste alors deux solutions. Soit taxer fortement les 20 % de ménages les plus aisés, mais y sont-ils prêts ? Soit diminuer le montant du revenu universel. Mais quel effet cela aurait-il sur la pauvreté ?