Les uns glorifient l’euro fort, les autres s’en inquiètent. Certains pays comme l’Allemagne attribuent leur prospérité à une monnaie forte alors que la Chine laisse filer sa monnaie pour soutenir son économie. Le débat n’est pas près de s’arrêter.

C’est quoi, une monnaie forte ? C’est une monnaie dont la valeur est surestimée ou qui est en train de s’apprécier. Dans les deux cas, elle se situe au-dessus de son niveau d’équilibre théorique, un niveau qui résulte de facteurs comme la puissance industrielle ou la puissance commerciale de l’économie. Le solde extérieur (différence en valeur entre les exportations et les importations de biens et de services), le taux d’inflation et le niveau des taux d’intérêt sont des déterminants majeurs du taux de change d’une monnaie.

Gare au déficit extérieur

Avoir une monnaie forte, donc à fort pouvoir d’achat, cela permet d’acheter moins cher des produits importés, le pétrole par exemple. Une facture « allégée » favorise la désinflation. Et si la crainte d’inflation s’estompe, les taux d’intérêt peuvent être plus faibles, ce qui est bon pour l’activité économique, car les emprunteurs, ménages et entreprises, mais aussi l’État, bénéficieront de crédits moins chers. Les entreprises peuvent ainsi réaliser à bon compte des Investissements directs à l’étranger (IDE) et s’internationaliser.