Est-il urgent d’abandonner le nucléaire ? 

En débat

Est-il urgent d’abandonner le nucléaire ? 

Il est généralement admis que la France finira, comme l’Allemagne, par abandonner l’énergie nucléaire. La grande question est de savoir à quel rythme. Traîner, c’est compromettre les renouvelables. Aller trop vite, c’est risquer la panne énergétique.    

Est-il urgent d’abandonner le nucléaire ? 

NON, il faut d’abord tester les autres options

Nicolas Clery

Alumni de l’IPAG Business School

OUI, il appartient au passé

Marie Ndaw

Etudiante en deuxième année de l’IPAG Business School

L'avis de Nicolas Clery : NON, il faut d’abord tester les autres options

En France, 75 % de l’électricité a pour origine la fission nucléaire. Une transition énergétique est plus que souhaitable, elle est nécessaire. La transition écologique, c’est quoi ? La transformation de la production d’énergie, en partant d’une production dite polluante à une production verte. Concrètement, cela signifie l’abandon du nucléaire, des usines de charbon, gaz et autres combustibles fossiles. La transition est nécessaire, mais pas urgente.

En système d’information, une opération « parallèle », c’est la mise en place d’une nouvelle génération de système tout en gardant en service l’ancienne version du logiciel. Si l’entreprise avait mis en place le nouveau système sans le tester préalablement pour s’assurer de son intégrité, elle aurait perdu rapidement l’équilibre. La France correspond à l’entreprise de mon analogie, l’ancien système correspond au nucléaire et le nouveau système aux énergies vertes. Transformer du jour au lendemain les énergies nucléaires en énergies vertes ne servirait à rien, si ce n’est à mener notre pays droit à la catastrophe. Bien que critiquée, l’électricité nucléaire reste la moins chère produite à ce jour, et ce, même en considérant l’augmentation récente de son prix. De plus, le nucléaire ne participe pas au réchauffement climatique, aucun gaz à effet de serre n’est relâché dans l’atmosphère.

Moins de 25 % de l’électricité produite en France sont d’origine renouvelable. Non seulement la production verte est insuffisante, mais elle n’est pas aussi propre qu’on pourrait le penser. Pour le moment, il est donc impossible de subvenir à la demande nationale par le biais unique des énergies vertes et c’est la raison principale qui pousse le gouvernement à étendre la durée de vie du nucléaire dans le pays. Il me semble important d’allier les différentes ressources que nous possédons. Diminuer petit à petit la production du nucléaire et pallier ce manque avec des énergies vertes. Le temps de la transition devrait permettre au progrès et aux innovations d’émerger pour que le changement se fasse en douceur.

L'avis de Marie Ndaw : OUI, il appartient au passé

Dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat, l’UE place l’énergie au cœur des préoccupations et appelle à favoriser les énergies renouvelables, au détriment des énergies fossiles, génératrices de gaz à effet de serre. Les accords interétatiques soutiennent un changement radical et immédiat : la mise en place d’énergies émergentes à risque limité sur l’environnement et garantissant aux salariés, menacés de perdre leur emploi, l’opportunité de se reconvertir rapidement, est préférable au statu quo.

Comme le dit Nicolas Hulot : « Le nucléaire appartient au passé. » À l’image de l’UE, La France se doit d’entamer une transition énergétique et repenser son modèle écologique et social. Aujourd’hui, C’est l’unique pays européen à produire 75 % de son électricité à partir du nucléaire. Lancée dans les années 1970 pour faire de la France une puissance énergique, la politique du tout nucléaire est à l’origine de la cinquantaine de réacteurs répartis sur le territoire. Cependant, ils sont vieux et les catastrophes de Fukushima et Tchernobyl restent dans les esprits et témoignent de l’instabilité du secteur. Toutefois, une révision impliquerait des coûts considérables, par exemple la gestion des déchets et la fermeture des centrales.

Afin de limiter la dépendance au nucléaire, il est indispensable de favoriser les énergies renouvelables. La loi d’août 2015 sur la transition énergétique prévoit de porter leur part à 32 % de la consommation finale brute d’énergie en 2030, bien loin des 16 % actuels. Il est également nécessaire de mettre en place une politique respectant les intérêts des ménages français et réduisant les disparités sociales. Dans un rapport, la Cour des comptes, prévoit une augmentation rapide des prix de l’électricité issue du nucléaire, qui deviendrait plus chère que les énergies renouvelables : le prix du MWh estimé à 49,5 euros en 2010 est appelé à doubler dans les années 2030 pour atteindre 80 euros. Alors, en 2030, si tout continue comme avant, combien y aura-t-il de ménages en situation de précarité énergétique ?

Les exposés de ces pages s’inscrivent dans un cours de rhétorique, ils ne reflètent en rien les idées et opinions personnelles des étudiants concernés.