Le stagiaire est-il utile à l’entreprise ?

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Le stagiaire est-il utile à l’entreprise ?

Un stage marque souvent la première immersion dans le domaine où l’étudiant souhaiterait exercer, à l’avenir, ses compétences. Encore faut-il que celles-ci soient mises à profit sans qu’il soit exploité… Bénéfique ou stérile, le stage ?Deux étudiantes motivent leur avis sur la question.

Les exposés de ces pages s’inscrivent dans un cours de rhétorique, ils ne reflètent en rien les idées et opinions personnelles des étudiants concernés.

Le stagiaire est-il utile à l’entreprise ?

Oui, évidemment

Roxane Bourgeois

Élève de terminale ES. Institut Sainte Geneviève, Paris 6e

Pas si sûr…

Maxeen Bordey

Élève de terminale ES. Institut Sainte Geneviève, Paris 6e

L'avis de Roxane Bourgeois : Oui, évidemment

Le stagiaire est bien utile à l’entreprise surtout lorsque l’étudiant ou l’étudiante est en fin d’études d’une école de commerce ou d’ingénieurs, car pendant la durée de son stage – six mois –, l’entreprise bénéficiera d’une main-d’œuvre “qualifiée” très bon marché. Il faut savoir que le stagiaire n’est pas considéré comme un salarié ordinaire, il n’a pas les mêmes droits que les autres salariés ni le salaire correspondant à ses compétences. Ce sera donc très rentable pour une entreprise de pouvoir compter sur cette main-d’œuvre supplémentaire qui pourra soulager ses autres salariés et même prendre en charge les tâches les moins valorisantes. L’entreprise y gagne en temps et en argent.

De plus, les stagiaires sont compétents quand ils sont en quatrième ou cinquième année. Leur stage est obligatoire pour valider leur diplôme. Ils sont motivés, donnent le meilleur d’eux-mêmes, car ils savent que l’entreprise les évalue. Les étudiants en fin de cursus espèrent un vrai job. Leur stage est donc vécu comme un tremplin, une période d’essai, une pré-embauche ou bien ils en attendent une belle lettre de recommandation qui sera utile dans le cadre de leur future recherche d’emploi.

Ils mettent aussi à la disposition de l’entreprise les savoirs acquis dans leur école, leurs compétences et pratiques en informatique ou dans les nouvelles technologies que les petites entreprises, notamment, maîtrisent moins bien. Ils sont autonomes, capables de réaliser le même type de missions que les autres salariés. Ils ont un œil neuf, notamment sur le management. Les nouvelles générations (Y-Z-millennials…) sont un vrai challenge pour les entreprises et le stage leur permet de s’adapter. Elles y gagnent, comme les étudiants qui s’y professionnalisent.

Les entreprises montrent aussi une belle image au public, favorable à la jeunesse, c’est bien pour leur réputation de faire savoir qu’elles s’impliquent dans la formation des jeunes. Vis-à-vis des écoles de commerce comme d’ingénieurs, elles se positionnent parmi les étudiants, elles se font connaître et espèrent pouvoir attirer les meilleurs diplômés à la fin de leurs études.

Le stagiaire sert vraiment à quelque chose ! C’est positif pour l’entreprise !

L'avis de Maxeen Bordey : Pas si sûr…

Même si l’entreprise joue le jeu et accepte un étudiant ou une étudiante en fin de cursus scolaire, compétent et investi, il faut l’encadrer, s’en occuper. Son maître de stage, qui en est responsable, et les autres salariés de l’entreprise, vont lui consacrer du temps, car le stagiaire est là pour apprendre les fondements de son futur métier, pour se familiariser avec les codes professionnels, pour observer et mettre en pratique ses connaissances théoriques. Sa mission doit être liée à sa formation. Une convention de stage va d’ailleurs fixer les règles et les devoirs de l’entreprise et du stagiaire. Il faut aussi veiller à ce que son travail soit correctement fait, les consignes et les délais respectés et son comportement approprié. Le stagiaire est donc beaucoup moins productif que les autres salariés de l’entreprise et l’efficacité de ceux qui s’occupent de lui est aussi réduite, car ils prennent beaucoup de temps, notamment en début du stage. Ce sont des coûts cachés que supporte l’entreprise, même si le stagiaire n’est pas rémunéré comme un salarié et ne reçoit qu’une gratification symbolique. Et en ce qui concerne le temps de travail ou les activités sociales et culturelles du Comité d’entreprise, le stagiaire doit être traité comme un salarié.

Lorsque le stagiaire ne fait pas correctement le travail demandé ou commet des erreurs, ses collègues doivent rectifier, refaire le travail, en rattraper les conséquences, par exemple avec les clients. Cela peut coûter à l’entreprise en temps, en argent voire peut-être en réputation. Il peut même y avoir des tensions avec les autres salariés qui peuvent les considérer comme des concurrents ou comme des boulets, ou bien qui craignent pour la confidentialité des données de l’entreprise, notamment dans les services financiers ou le marketing. La confiance n’est pas toujours là et la bonne marche d’un service peut en souffrir.

Il arrive souvent que les entreprises se plaignent des stagiaires qui ne sont pas toujours très fiables, manquent de ponctualité ou d’assiduité et reproduisent leur « comportement d’étudiant » dans l’entreprise. Bref, on ne peut pas dire que l’entreprise trouve toujours son compte à accepter des stagiaires.

Éco-chiffre

3,75 euros C’est, en 2019, le montant horaire minimal de la gratification que doit recevoir le stagiaire lorsque la durée du stage au sein d’une même entreprise est supérieure à deux mois et que le stage fait partie intégrante du cursus pédagogique ; soit 577,50 euros par mois pour un temps plein. Si la durée du stage n’excède pas deux mois, la gratification est facultative.