USA : la bulle étudiante va-t-elle éclater ?

En pratique

USA : la bulle étudiante va-t-elle éclater ?

Face à la crise économique issue du covid, le président Trump a décidé le 8 août 2020 de prolonger le gel du remboursement des emprunts étudiants pour les dizaines de milliers d’Américains qui, une fois ancrés sur le marché du travail, passent des années à rembourser la dette d’une jeunesse passée sur les bancs de l’université. Longtemps masqué par l’immense dette immobilière, le volume des prêts étudiants n’a cessé d’augmenter ces deux dernières décennies. A terme, cette bulle pourrait-elle éclater ?

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Sources : “Student Loan Debt Statistics in 2020: A Record $1.6 Trillion”, Zack Friedman, Forbes, février 2020 • “US Student Loan Debt Accumulation Showing No Signs of Slowing”, Knoema.com, 2019 • The Value of Education. The price of success”, HSBC factsheet, 2018

Les campus américains font rêver, mais le ticket d’entrée dépasse l’imagination des étudiantes et étudiants français. Les frais annuels de scolarité pour les nationaux varient de 5 000 dollars à plus de 50 000 dollars pour les universités les plus prestigieuses (Colombia, Yale, Dartmouth…).

Conséquence : les emprunts étudiants constituent la deuxième source de dette des ménages américains, après les prêts immobiliers. Le fardeau de ces remboursements, qui concernent un adulte sur six, réduit le niveau de vie des jeunes américains, au détriment de l’économie toute entière.

Contrairement aux autres catégories d’emprunt (bancaire, immobilier, automobile), la dette étudiante n’a montré aucune chute après la crise de 2008. Son encours a été multiplié par six de 2003 à 2018 et le montant des défauts de remboursement a presque doublé sur les cinq dernières années.

Une montée en flèche constante qui pourrait bien constituer la prochaine bulle financière.

 A tel point que le président Donald Trump a décidé, le 8 août 2020, dans le contexte économique de la crise du covid, de geler ces 1 400 milliards de dollars dus par les anciens étudiants américains, jusqu’en 2021 au moins. Le démocrate Joe Biden, propose, lui, d’annuler partiellement ces dettes s’il est élu.

Cela sera-t-il suffisant pour empêcher la bulle d’éclater ?

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