10 actions pour enrayer le réchauffement climatique

En pratique

10 actions pour enrayer le réchauffement climatique

Drawdown, c'est le nom du projet de l'écologiste américain Paul Hawken. Avec 70 chercheurs du monde entier, il a recensé 80 solutions climatiques afin de diminuer la concentration de gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère d'ici 2050. Voici le top 10.

détruire les fluides frigorigènes 1. Détruire les fluides frigorigènes
Chaque réfrigérateur, chaque rayon frais de supermarché, chaque climatiseur contient des fluides frigorigènes qui absorbent et libèrent de la chaleur. Le défi est de récupérer et détruire ces fluides frigorigènes. Sur 30 ans, si l’on récupère 87 % des réfrigérants susceptibles d’être relâchés dans l’atmosphère, on évitera l’émission de l’équivalent de 89,7 gigatonnes de CO2, soit un peu plus de deux fois les émissions mondiales de CO2 de 2017.

Lutter contre le gaspillage alimentaire 2. Lutter contre le gaspillage alimentaire
Les consommateurs des pays riches jettent jusqu’à 35 % de la nourriture qu’ils achètent. La nourriture que le monde gaspille émet l’équivalent de 4,4 gigatonnes de CO2 tous les ans. Si c’était un pays, le gaspillage alimentaire serait le troisième émetteur de la planète. Si le gaspillage alimentaire est réduit de moitié d’ici 2050, on pourrait éviter l’équivalent de 26,2 gigatonnes de CO2, plus 44,4 gigatonnes économisées en ne défrichant pas les terres agricoles pour produire plus.

Multiplier les éoliennes 3. Multiplier les éoliennes.
Aujourd'hui il existe 314 000 éoliennes qui produisent 4 % de l’électricité mondiale. Leur coût, en baisse constante, fera bientôt de cette énergie la puissance électrique la moins chère à produire. Augmenter la part de l’éolien de 4 % à 21,6 % de la consommation d’électricité mondiale d’ici 2050 réduirait les émissions de CO2 de 84,6 gigatonnes.

Manger plus de végétaux et moins de viande 4. Manger plus de végétaux et moins de viande
L’élevage représente 15 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Les vaches sont les plus émettrices, car elles produisent du méthane pendant leur digestion. Un repas végétarien émet 13 fois moins de GES qu’un repas avec du bœuf. Si 50 % de la population mondiale mangeait au plus 2 500 calories par jour et réduisait sa consommation de viande de moitié, on économiserait 26,7 gigatonnes de CO2. Cela réduirait aussi la déforestation induite par l’élevage, faisant de cette solution l’une des plus efficaces, avec un total de 66 gigatonnes de CO2 en moins.

Réhabiliter les forêts tropicales 5. Réhabiliter les forêts tropicales. Les arbres absorbent le CO2 et rejettent de l’oxygène. Présentes auparavant sur 12 % des terres de la planète, les forêts tropicales ne couvrent aujourd’hui que 5 % de la surface terrestre. Lorsque les forêts sont abattues, du CO2 est relâché dans l’atmosphère. La disparition des forêts tropicales est responsable de 16 % à 19 % des émissions de GES. Réhabiliter 176 millions d’hectares de forêts tropicales permettrait de capter 61,2 gigatonnes de CO2 d’ici 2050.

Développer les centrales solaires 6. Développer les centrales solaires
Le soleil est une ressource infinie, propre et gratuite. Les centrales solaires émettent 94 % de gaz à effet de serre de moins que les centrales à charbon, qui sont responsables de 3,7 millions de décès prématurés par an. À l’heure actuelle, le solaire photovoltaïque à grande échelle ne constitue que 0,4 % de la production d’électricité mondiale. Si sa proportion atteignait 10 %, 36,9 gigatonnes de CO2 seraient économisées.

Multiplier les toitures photovoltaïques 7. Multiplier les toitures photovoltaïques.
Les systèmes photovoltaïques à petite échelle, que l’on observe parfois sur les toits, jouent un rôle fondamental dans la captation du soleil, ressource la plus abondante sur terre. Les panneaux pour les toits sont de plus en plus en vogue en raison de leur prix bas et des économies qu’ils engendrent. Si les toitures photovoltaïques passent de 0,4 % de la production d’énergie mondiale aujourd’hui à 7 % en 2050, ce sont 24,6 gigatonnes de CO2 qui ne seront pas émises.

Eduquer les filles 8. Éduquer les filles.
L'éducation des filles a incidence majeure sur le réchauffement de la planète. Les femmes qui ont fait de longues études gèrent en effet activement leur contraception et ont moins d’enfants. Si tous les pays avaient un taux de 100 % d’inscription des filles en primaire et en secondaire, il y aurait 853 millions de naissances en moins dans le monde en 2050. Résultat : 59,6 gigatonnes d’émissions de CO2 en moins. Garantir la contraception et assurer le droit à des services de planning familial permettraient de réduire également de 59,6 gigatonnes les émissions de CO2.

Encourager le sylvo-pastoralisme 9. Encourager le sylvo-pastoralisme.
Le sylvo-pastoralisme consiste à réunir arbres et pâturages au même endroit pour l’élevage de bétail. La recherche a prouvé que c’est la technique d’élevage la plus efficace pour contrer le réchauffement climatique : le bétail produit du méthane, mais les arbres sont là pour l’absorber. Le sylvo-pastoralisme est aujourd’hui pratiqué sur 142 millions d’hectares. S’il se généralise sur 224 millions d’hectares d’ici à 2050, les émissions de CO2 pourraient être réduites de 31,2 gigatonnes.

Favoriser l'agriculture régénératrice 10. Favoriser l'agriculture régénératrice.
Les pratiques d’agriculture régénératrice visent à améliorer et à régénérer la santé des sols en leur rendant leur teneur en carbone grâce à des cultures sans labour, des cultures de couverture, le renforcement de la fertilité et l’affranchissement des engrais chimiques. Si l’agriculture régénératrice s’étendait de 44 millions d’hectares actuellement à 405 millions d’hectares d’ici à 2050, les émissions de CO2 diminueraient de 23,2 gigatonnes.

Pour aller plus loin

Drawdown. Comment inverser le cours du réchauffement climatique, de Paul Hawken (Actes-Sud)