Ça coûte combien, un demi de bière ?

Par Clément Rouget
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Au pays du vin, les Français consomment tout de même plus de 30 litres de bière par an. Et selon l’indice GoEuro, ils dépensent pour elle, au bar ou au supermarché, 319 euros par an en moyenne. Un prix unitaire qui varie en fonction de plusieurs critères.

Avec 196 milliards de litres par an, la bière est la boisson alcoolisée la plus consommée sur la planète. C’est en République tchèque que l’on en boit le plus avec plus de 143 litres par an par habitant, selon les données de la Kirin Beer University. Plus que l’Allemagne (104 litres), les États-Unis (75), la Belgique (67), le Japon (41) ou la France (30). Chez nous, son coût d’achat varie d’environ un euro le litre pour un pack dans un supermarché à plus de 8 euros le demi à siroter dans un quartier chic de Paris. Comment expliquer un tel écart ?

Moins rentable que le café

« Pour que la vente d’un demi soit rentable pour un bar, il faut qu’il soit commercialisé au prix d’achat du litre. Si l’établissement achète le litre de bière trois euros au distributeur, il doit vendre le demi au consommateur au moins trois euros », explique Marcel Benezet, brasseur et président de la branche des brasseries du syndicat GNI-Synhorcat. Le verre de 25 cl devrait donc être affiché à la carte quatre fois plus cher que le prix d’acquisition du litre afin de couvrir les différentes charges. Outre le loyer de l’établissement, de l’électricité, des salaires et de la TVA à 20 %, le droit d’accise impacte également le prix de vente. Cette fiscalité, qui s’applique aux alcools afin d’en limiter la consommation, peut représenter jusqu’à 40 centimes pour un litre de bière à 5 degrés. Au final, « le café est bien plus rentable pour un bar que la bière », assure le représentant.

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Litres de bière sont consommés chaque minute en France. Soit 16 000 demis de 25 cl toutes les 60 secondes.

Quand le climat s’en mêle

Mais les charges ne sont pas les seules difficultés qui pourraient peser, demain, sur la bière. Le réchauffement climatique inquiète aussi le secteur. Les rendements d’orge de brasserie, céréale essentielle à la fabrication du breuvage, sont menacés par l’élévation des températures, selon des chercheurs de l’université de Pékin. Si la production baisse, l’offre pourrait être plus tendue, ce qui devrait engendrer une augmentation mécanique des prix. Les scénarios les plus optimistes annoncent une hausse de 15 % des tarifs. En revanche, si la trajectoire actuelle d’augmentation des températures est maintenue, les prix pourraient doubler d’ici 50 ans. À la vôtre ?

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