Elle est le moyen de paiement préféré des Français. Plébiscitée en temps de crise sanitaire, la carte bancaire est mieux acceptée par les commerçants, car les commissions baissent.

« Carte bancaire à partir de 15 euros » : une règle souvent affichée chez les petits commerçants. Mais pourquoi ce seuil ? Côté client, une carte bancaire ne coûte que quelques euros par mois, 50 euros par an maximum, quand elle n’est pas gratuite.

Mais pour une entreprise, recevoir un paiement par carte implique des frais : « ​​​​À chaque transaction, 0,5 % à 0,8 % est prélevé par les banques », explique Francis Palombi, le président de la Confédération des commerçants de France. Une estimation confirmée par le think tank Mercatel.

« ​​​​La commission est précisée dans un contrat signé avec la banque et comprend tous les frais à payer », explique Jean-Michel Chanavas, directeur général de Mercatel. Parfois, le terminal de paiement électronique est aussi fourni par la banque, mais il peut être loué ou acheté à une entreprise spécialisée.

À l’aide de ce pourcentage prélevé, la banque du commerçant va rémunérer les réseaux de carte bancaire (CB, Visa, etc.) et payer l’échange d’informations avec la banque du client ayant fait l’achat.

En Chiffres

71 

millions de cartes bancaires en France, selon l’observatoire CB.

La commission couvre aussi les infrastructures de sécurité, le risque de fraude, la gestion comptable des transactions. Pour le commerçant, le reste de la commission est négociable, mais « de façon limitée », d’après Francis Palombi, qui milite pour une baisse des frais. Il reconnaît tout de même « un gros effort des banques » en la matière.

Fin des tarifs planchers

Cet effort est dû en partie à une volonté politique : en 2015, le gouvernement organise les Assises des paiements. Pour l’occasion, une « stratégie nationale » de modernisation est annoncée, avec, entre autres, la généralisation des paiements par carte, sans contact et par téléphone.

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Source : Observatoire du groupement d’intérêt économique Cartes bancaires CB

À cette fin, le gouvernement souhaite supprimer le minimum de perception instauré par les banques. Explication : pour l’achat d’une baguette de pain à un euro, au lieu d’appliquer une commission de 0,5 % qui rapporterait 0,005 euro, la banque prélève un montant fixe de 10 centimes.

Et ce tarif minimum est pratiqué sur toutes les petites transactions. Le paiement par carte bancaire était donc, et reste parfois, très peu utilisé dans certains secteurs.

​​Aujourd’hui, les frais fixes ont quasiment disparu.
Jean-Michel Chanavas,

Directeur général de Mercatel.

Depuis 2015, les banques ont en effet revu de nombreux contrats commerçant.

Selon le Comité national des paiements scripturaux, l’entité créée au sein de la Banque de France pour mettre en œuvre la stratégie nationale, « les montants moyens des minima contractuels des commissions commerçants ont chuté de près de 42 % entre 2014 et 2016 », date du dernier bilan.

« De moins en moins de commerçants appliquent des planchers de paiement », atteste Jean-Michel Chanavas. Pour preuve, la baisse du montant moyen d’un achat par carte, passé de 46,20 euros en 2013 à 39,80 euros en 2019.

Prochaine étape pour la confédération des commerçants de France : obtenir des banques « ​​​​​l’exonération de frais bancaires pour les achats de moins de 30 euros, ainsi que pour les transactions de “cash back” », ce service qui vise à remplacer les distributeurs de billets, de moins en moins nombreux.