Comment réduire son volume de poubelles grâce au compost

En pratique

Comment réduire son volume de poubelles grâce au compost

Nos déchets organiques sont précieux ! Les composter, de manière individuelle ou collective, permetde valoriser cette matière, de diminuer les déchets résiduels et de limiter notre impact sur l’environnement.

À quoi ça sert de sortir les biodéchets – déchets de cuisine, de table, de jardin, etc. – de la poubelle ? « D’abord, c’est une ressource, pourquoi la gaspiller ? », répond Valentine Cancel, coordinatrice des groupes locaux de l’association Zero Waste France.

« Dans la nature, cette matière organique retourne à la terre, nourrit beaucoup de micro-organismes et régénère les sols », souligne-t-elle. Si on jette les biodéchets, ils sont incinérés ou enfouis, avec des impacts négatifs sur l’environnement.

« Si elle est mise en décharge avec les autres déchets, la matière organique se décompose et forme un jus de fermentation appelé “lixiviat”, qui pollue les sols. Quant à brûler des biodéchets, cela représente un gaspillage énergétique, car ils sont constitués de 60 % à 90 % d’eau », indique Valentine Cancel.

Tri obligatoire en 2023

L’idéal, c’est donc de traiter séparément ces biodéchets – environ un tiers des ordures ménagères. Selon un recensement effectué en 2017 par l’Agence de la transition énergétique (Ademe), seules 125 collectivités françaises avaient mis en place une collecte séparée des biodéchets, touchant près de quatre millions d’habitants.

« C’est encore peu, mais le tri à la source des biodéchets sera obligatoire au 31 décembre 2023. Il devient urgent de proposer à tous les citoyens des solutions de compostage », juge Valentine Cancel.

Le lombric, c’est le nouveau chat

Pour ceux qui ne vivent pas dans l’une de ces collectivités pionnières, des solutions individuelles existent. Si l’on a un jardin, il est assez facile d’installer un composteur connecté au sol et dans lequel on déposera ses biodéchets, tout en respectant un certain équilibre : 60 % à 70 % de déchets riches en azote (épluchures de fruits et légumes, restes alimentaires…) et 30 % à 40 % de déchets riches en carbone (branches broyées, feuilles mortes et sèches, papiers…).

Pour ceux qui vivent en appartement, le lombricomposteur est une option intéressante. Ce sont alors des vers et des micro-organismes qui décomposent la matière organique dans un bac fermé. On récupère du jus de compost, très fertilisant, et un bon compost dès six mois, assure Valentine Cancel, qui a plusieurs années d’expérience en la matière.

Adopter des lombrics, « c’est un peu comme prendre un animal de compagnie, avertit-elle. Ça demande un peu de maintenance pour ne pas avoir de nuisances comme des moucherons : un bon équilibre entre les déchets azotés et carbonés, des apports réguliers, mais pas excessifs. Il faut aussi faire attention à la chaleur et ne pas mettre certains déchets comme les épluchures d’agrumes, qui sont vermifuges. »

Il existe aussi des solutions de compostage collectif de proximité – composteurs en pied d’immeuble ou composteurs de quartier –, souvent gérées par des associations. Le mieux est de se renseigner auprès de sa mairie.

Pour aller plus loin

L’opération « Tous au compost », gérée par l’association Réseau Compost Citoyen, se tiendra du 27 mars au 10 avril avec des ateliers dans toute la France (www.semaineducompostage.fr)