Onze ans ont passé depuis la faillite de Lehman Brothers, mais le poids des « institutions financières globales systémiquement importantes » n’a pas reculé. La crise financière la plus terrible depuis celle de 1929 peut-elle revenir ? Des mesures ont été prises, mais certaines sont contre-productives et le risque de rechute est bien là.

La crise financière de 2007-2008 a mis en évidence le rôle des banques « systémiques », dont les difficultés peuvent déstabiliser tout le système financier mondial. On les connaît mieux aujourd’hui : depuis 2011, le Conseil de stabilité financière (FSB) établit la liste de ces Global Systemically Important Financial Institutions (G-SIFIs) à partir de critères tels que la taille et la complexité des activités.

Parallèlement, la crise a provoqué, en réaction, un empilement réglementaire. Par exemple, les règles de « Bâle 3 », créées par le Comité de Bâle (qui réunit les superviseurs bancaires de 27 pays) imposent désormais aux banques des ratios de solvabilité et de liquidité minimums. Les G-SIFIs se voient imposer, eux, des seuils encore plus exigeants. Les États de la zone euro ont également lancé, en 2012, le projet d’Union bancaire, pour renforcer les mécanismes de surveillance et de restructuration des banques de la zone.