« Il n’y a pas de véritable politique de la jeunesse ». En France, les ratés d’un investissement d’avenir

En pratique

« Il n’y a pas de véritable politique de la jeunesse ». En France, les ratés d’un investissement d’avenir

Alors que la crise sanitaire et économique menace de faire exploser le taux de chômage des jeunes, la réponse politique française est-elle à la hauteur de l’enjeu ?

« C’est dur d’avoir 20 ans en 2020. » Nul ne sait si cette citation d’Emmanuel Macron, en octobre dernier, restera dans les livres d’histoire, mais elle a le mérite de mettre en lumière, après 10 mois de pandémie mondiale, combien il est difficile aujourd’hui pour la jeunesse de tracer sa voie dans un monde dont tous les repères vacillent.

Mais au fait, à quels jeunes le président de la République s’adressait-il ? « Trop souvent, dans les discours politiques comme dans les médias, un amalgame est fait entre “jeunes” et “étudiants” », décrypte Anne Brunner, directrice d’études à l’Observatoire des inégalités.

« Or tous les jeunes n’ont pas passé l’année 2020 à suivre des cours sur Zoom ! Si 80 % des 15-19 ans sont effectivement dans les études, cette proportion tombe à 25 % pour les 20-24 ans. Dans cette tranche d’âge, la moitié des jeunes est en emploi et un quart au chômage .»