La réduction volontaire par une entreprise de la durée de vie d’un produit pour augmenter sa fréquence de remplacement a des conséquences environnementales considérables.

Dix millions d’euros pour Apple, cinq pour Samsung : c’est le montant des amendes infligées à ces entreprises en octobre dernier. Elles ont été punies par l’autorité de la concurrence italienne pour avoir poussé les utilisateurs à mettre à jour le système d’exploitation de leurs téléphones, ce qui a entraîné des défauts de fonctionnement pour les anciens modèles et les a incités à en racheter de nouveaux. C’est ce qu’on appelle l’obsolescence programmée : la réduction volontaire par une entreprise de la durée de vie d’un produit pour augmenter sa fréquence de remplacement.

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Un levier économique

Ce concept a été théorisé dans les années 1930 par l’entrepreneur américain Bernard London. Celui-ci était en faveur d’un renouvellement plus fréquent des produits afin de relancer la croissance après la crise financière de 1929. Philip Kotler, professeur de stratégie marketing à l’université Northwestern (Chicago), ajoute : « Ce que l’on appelle obsolescence programmée reflète tout simplement les forces concurrentielles et technologiques à l’œuvre dans une société libre, des forces qui conduisent à une amélioration permanente des biens et des services. »