Dans certaines entreprises innovantes, les salariés se voient offrir beaucoup plus de liberté et confier beaucoup plus de responsabilités. Certains s’épanouissent, d’autres en souffrent.

« Si on pouvait mobiliser 300 cerveaux au lieu de quelques-uns, est-ce que vous imaginez les performances que pourrait atteindre l’entreprise ? » Cette question taraude Alexandre Gérard, président du groupe inov-On, alors qu’il cherche à redresser son entreprise qui a subi de plein fouet la crise économique de 2009. Il a entendu parler de Jean-François Zobrist, l’emblématique patron de la Favi, qui a transformé son entreprise grâce à une initiative révolutionnaire.

Peut-on « libérer » l’entreprise ?

Il prend donc connaissance des travaux d’Isaac Getz, professeur à l’ESCP-Europe et théoricien de la philosophie de l’entreprise libérée. Comment la définir ? « C’est une organisation de l’entreprise dans laquelle la majorité des salariés sont complètement libres et responsables d’entreprendre toutes les actions qu’eux-mêmes – c’est-à-dire ni leurs supérieurs ni les procédures - décident comme étant les meilleures pour réaliser la vision de leur entreprise », explique Isaac Getz dans son livre L’entreprise libérée (Fayard, 2017).