USA : Comment le candidat à la présidentielle Joe Biden s'est converti au "socialisme light"

En pratique

USA : Comment le candidat à la présidentielle Joe Biden s'est converti au "socialisme light"

La belle campagne du radical Bernie Sanders lors des primaires démocrates a chamboulé le programme du très centriste Joe Biden. Pour le plus grand bonheur de Donald Trump, qui agite la menace socialiste qu'incarnerait son rival pour la Maison-Blanche.

Pour Donald Trump, le choix du 3 novembre, date de l’élection présidentielle, est clair : c’est lui ou « le chaos socialiste ». Son adversaire démocrate, le très centriste Joe Biden, serait en effet tombé sous la coupe de l’aile gauche du parti afin de rallier à sa cause les nombreux partisans de Bernie Sanders, son rival malheureux lors des primaires, qui se proclame socialiste.

De fait, l’ex-vice-président de Barack Obama a bien gauchi son programme au cours de l’été. Celui-ci reste toutefois dans les limites d’une « politique sociale-démocrate », selon l’économiste Florence Pisani.

Salaire minimum et investissements écologiques

Joe Biden assume ainsi un doublement du salaire minimum fédéral à 15 dollars de l’heure, défendu dès 2016 par Bernie Sanders. Et il promet de faciliter l’adhésion des salariés à un syndicat. Son programme d’action écologique s’est également rapproché du Green New Deal défendu notamment par la représentante de la gauche radicale, Alexandria Ocasio-Cortez, avec une enveloppe de 2 000 milliards de dollars dédiée à la lutte contre le réchauffement climatique.

Il a dévoilé un plan de relance de 700 milliards de dollars afin de créer cinq millions d’emplois grâce à « la plus grande mobilisation d’investissements publics dans l’approvisionnement, les infrastructures et la recherche depuis la Seconde Guerre mondiale ».

Relance keynésienne

Cette relance très keynésienne serait financée par des hausses d’impôts concentrées sur les 5 % d’Américains les plus riches et sur les entreprises (avec notamment un taux de l’impôt sur les sociétés qui remonterait de 21 % à 28 %). Mais sans revenir intégralement sur les baisses décidées par Trump.

Joe Biden ne réclame pas non plus l’impôt sur la fortune brandi par Bernie Sanders. Et il a refusé de valider l’idée d’une Sécurité sociale à l’européenne. Il propose simplement de plafonner le coût de l’option publique de l’assurance santé de l’Obamacare. Une amélioration du système, donc, pas une révolution. Mais qui pourrait enfoncer un coin de plus dans le libéralisme américain.

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