Job du futur ? Designer d’expérience utilisateur

En pratique

Job du futur ? Designer d’expérience utilisateur

Véritable intermédiaire entre l’entreprise et le consommateur, ce professionnel doit maîtriser la technique sans toutefois négliger l’esthétique du projet.

Designer d’expérience

« Je pense que mes parents ne comprennent toujours pas ce que je fais », plaisante Mathieu Klein, senior UX designer pour le site d’éducation en ligne OpenClassrooms. Et pour cause : User experience designer, ou designer d’expérience utilisateur en français, est un métier relativement récent. Mêlant design, ergonomie et marketing, ce job consiste à mettre en place la meilleure expérience possible pour l’utilisateur d’un produit, d’un service, d’un site web ou encore d’une application. « Le designer UX est là pour porter dans l’entreprise la voix de l’utilisateur », résume Mathieu Klein.

Mais ce professionnel ne doit pas seulement être à l’écoute des utilisateurs, il doit aussi développer une compréhension approfondie de la mission et des objectifs de l’entreprise pour laquelle il travaille. C’est essentiel pour avoir les idées claires sur le produit ou le service qu’il s’agit de développer. « Attention à ne pas oublier la partie design », ajoute Joël Schillio, expert UX et fondateur du collectif Designers’ Team. Selon lui, « il ne s’agit pas seulement d’appliquer des méthodes pour comprendre l’utilisateur, mais aussi d’avoir un sens de la forme et de l’esthétique pour pouvoir répondre aux problématiques des utilisateurs de manière concrète. »

De la recherche au test de prototype

Ce métier peut s’exercer dans une foule de secteurs différents. Vincent Jouty, actuellement responsable de l’équipe de designers UX et UI du groupe bancaire BPCE, a ainsi travaillé auparavant pour des services de location et dans l’immobilier. Quel que soit le secteur, la démarche reste plus ou moins la même. Au départ, une problématique est identifiée : par exemple, « développer un service bancaire pour un étudiant qui part à l’étranger et ne veut pas payer de frais », indique Vincent Jouty. Vient ensuite une phase de recherche, à la fois du côté des utilisateurs (interviews, questionnaires, etc.) et en interne, au sein de l’entreprise, dans le cadre d’ateliers de co-création réunissant des profils différents.

Suit une phase de prototypage : grâce aux informations et aux idées recueillies pendant l’étape de recherche, le designer UX imagine une ou plusieurs solutions pour répondre à la problématique et construit des prototypes rapides. « On dispose ensuite de plusieurs outils pour tester ces hypothèses, explique Vincent Jouty, dont les tests utilisateurs. » Au cours de ces tests, ces derniers sont conviés à expérimenter une première version du service, ce qui permet de voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Cette démarche est répétée autant de fois que nécessaire pour perfectionner le service envisagé : dans leur langage, les designers UX parlent d’itération.

Quelles formations ?

Il n’existe pas de profil type pour exercer le métier de designer d’expérience utilisateur : certains ont une formation artistique, comme Joël Schillio qui est diplômé de l’École supérieure d’art unique en Bretagne. D’autres ont suivi des études de psychologie, comme Mathieu Klein, qui possède un master en psychologie du travail et en ergonomie. D’autres encore ont une formation en art numérique, graphisme ou marketing. De nombreuses formations spécifiques se sont développées ces dernières années, en particulier à l’école de l’image Gobelins, à l’École de design Nantes Atlantique, à HETIC ou encore à l’école de design Strate.

« Il y a trois cadres d’exercice de ce métier : en tant que salarié d’une entreprise, au sein d’une agence ou en freelance », précise Mathieu Klein. Pour l’exercer, il est nécessaire d’être créatif, de savoir se mettre à la place des utilisateurs en allant les écouter et les observer, sans croire qu’on a la science infuse. Si l’utilisateur n’arrive pas à cliquer sur un bouton, ce n’est pas sa faute, mais celle du designer. »

Il faut aussi « être curieux de tout », ajoute Vincent Jouty, « manipuler des produits, regarder différents services, étudier les modes d’emploi Ikea, dévorer les expositions… » Mathieu Klein conseille à ce sujet de faire une veille fréquente sur les innovations technologiques et les tendances design. Savoir travailler en équipe est une autre clé de réussite, car l’UX designer doit collaborer avec de nombreux métiers en interne : le designer UI, le directeur artistique, le chef de projet digital, le service marketing, etc.

Les autres métiers du design interactif

  • Le designer d’interfaces (UI designer en anglais) définit et met en place le design de l’interface d’un site ou d’une application en répondant aux besoins de l’entreprise, de son identité de marque, et aux besoins des utilisateurs. Il supervise la vision d’ensemble du projet, crée le design visuel, en définissant les choix typographiques et l’organisation graphique des pages, la navigation et les interactions avec l’interface.
  • Le designer d’interactions conçoit des produits et des services numériques qui peuvent prendre diverses formes : objets connectés, environnements numériques, applications logicielles. Il traduit les objectifs de ses clients et les besoins des utilisateurs en « scénarios d’usage », détaillant la façon dont le produit agit et réagit, en tirant le meilleur parti des apports de la technologie.
  • Le designer de services s’occupe des interactions homme/homme et pas seulement des interactions homme/machine. Le designer de services met en œuvre un ensemble de méthodologies qui lui permettent de comprendre le contexte et les personnes, de positionner le projet, d’explorer des concepts et des solutions, de sélectionner les propositions de design et de les mettre en œuvre.

Pour aller plus loin

« Guide des métiers du design interactif », disponible gratuitement sur le site de l’association Designers interactifs (www.designersinteractifs.org)