Irruption de l’intelligence artificielle à domicile, la domotique gère des systèmes aussi divers que des volets roulants ou le chauffage d’une maison. Un secteur porteur.

Domoticien(ne)

Le terme « domotique » est une combinaison du latin domus, qui signifie maison, et du mot « informatique ». Il s’agit donc d’introduire de l’informatique et de l’électronique dans une maison (ou tout autre bâtiment) pour en contrôler de façon centralisée les différents systèmes (alarme, porte de garage, portail, éclairage, électroménager, etc.). La domotique a beaucoup évolué depuis les années 1980 où elle était essentiellement fondée sur les techniques de l’automatisme. À l’heure du numérique et de l’intelligence artificielle, il s’agit d’une « domotique 2.0 », indique François-Xavier Jeuland, président de la Fédération française de domotique (FFD).

Ce sont des logements qui vont discuter avec l’extérieur, par exemple en consultant la météo sur Internet. »

Philippe Roux

Dirigeant de la société DomoPad

« La domotique de nouvelle génération permet de mettre en relation tous nos équipements qui ont été envahis par le numérique, depuis l’alarme jusqu’au frigo connecté », poursuit François-Xavier Jeuland, auteur de La Maison communicante (Eyrolles). C’est pourquoi on parle de logement connecté, communiquant, voire intelligent (smart home, en anglais). « Ce sont des logements qui vont discuter avec l’extérieur, par exemple en consultant la météo sur Internet, mais aussi avec l’habitant qui peut faire des demandes à distance via son smartphone. L’idée est d’aller vers une maison intelligente qui apprend à partir des habitudes de ceux qui l’occupent, et peut s’y adapter », explique Philippe Roux, dirigeant de la société DomoPad.

Domoticien

Conseil, intégration et numérique

Cette évolution de la domotique a de fortes implications en termes de métier : la profession de domoticien recouvre maintenant plusieurs jobs différents. François-Xavier Jeuland distingue trois catégories : les métiers d’avant-vente et de conseil, les métiers d’installateur et d’intégrateur, et les métiers d’après-vente et de maintenance. « Les besoins en domotique seront très différents d’une maison à une autre. C’est là qu’intervient le consultant : il va se mettre à l’écoute d’un client pour comprendre ses besoins et comment la domotique peut y répondre », détaille François-Xavier Jeuland.

Quelles formations ?

Il existe plusieurs BTS, plusieurs licences professionnelles et quelques masters (université Rennes 1, université de Paris Cergy) dans le domaine. La Fédération française de domotique (FFD) recense en tout une cinquantaine de formations initiales, dont la liste est disponible sur www.ffdomotique.org

Entrent ensuite en scène ceux qui sont chargés de déployer les solutions domotiques, les installateurs, qui travaillent en coordination avec tous les autres corps de métier (architecte, électricien, chauffagiste, plombier, etc.). « Personne n’est capable de tout faire tout seul, même un domoticien très bien formé. Il faut que tout le monde travaille main dans la main pour déployer des solutions qui répondent aux demandes du client, souligne-t-il. Quand on construit une maison connectée, tout le monde est impliqué et tout le monde est impacté », ajoute Philippe Roux. Il est donc important de savoir travailler en équipe.

Parfois, les solutions domotiques disponibles sur le marché ne conviennent pas et le client a besoin d’une solution sur mesure. « C’est ce que fait un “intégrateur smart home”, explique Philippe Roux. Par exemple, je travaille actuellement sur une grande maison avec six bâtiments différents. Pour piloter tous les éclairages de manière centralisée, on a créé une interface et on a codé un petit logiciel. » D’où l’importance d’avoir des compétences en informatique. « C’est de plus en plus un métier d’informaticien. Il faut absolument maîtriser le numérique », assure le dirigeant de DomoPad.

Les quatre vertus de la domotique

  1. Un gain de temps et plus de confort Par exemple, une personne part au travail et s’assure d’un seul clic que sa maison se met en mode « veille » (éclairages éteints, chauffage baissé, alarme en marche, etc.).
  2. Une sécurité renforcée La domotique apporte des solutions en matière de « sécurité classique anti-intrusion, mais aussi de sécurité des biens et des personnes », explique François-Xavier Jeuland, président de la Fédération française de domotique (FFD). Il s’agit par exemple de détecter des fuites d’eau, des pannes d’électricité ou de visionner à distance ce que filment les caméras de surveillance.
  3. Les économies d’énergie « Thermostat, chaudière, station météo et volets roulants vont communiquer pour savoir que faire à chaque moment afin d’optimiser la consommation d’énergie », indique François-Xavier Jeuland.
  4. Le maintien à domicile La domotique offre aux nouvelles générations de seniors, de plus en plus nombreux, des solutions pour rester chez eux le plus longtemps possible (prévention des risques, communication facile avec les proches et les aidants, etc.).

Être un pro de la maintenance 2.0

Une fois la domotique installée, il est nécessaire que des professionnels prennent en charge sa maintenance. Étant donné l’évolution constante du numérique et donc la nécessité de procéder à des mises à jour, ces métiers d’après-vente devraient fortement se développer à l’avenir. « Une solution installée en 2018 devra être vérifiée en 2019, mise à jour en 2020 et peut-être changée en 2021 », explique François-Xavier Jeuland à titre d’exemple. « L’objectif est d’avoir des clients satisfaits au long cours. »