Portrait : Laëtitia Van de Walle, fondatrice de Lamazuna et pionnière de la slow cosmétique

En pratique

Portrait : Laëtitia Van de Walle, fondatrice de Lamazuna et pionnière de la slow cosmétique

Fondatrice de Lamazuna*, découvreuse des produits d’hygiène « zéro déchet », Laëtitia Van de Walle, pragmatique, a franchi le cap de la grande distribution, mais reste fidèle à ses principes en refusant de livrer en Australie.

« J’ai l’esprit d’entreprise, mais si j’ai eu vraiment envie de m’accrocher au projet Lamazuna, c’est pour son côté utile et engagé », confie Laëtitia Van de Walle, 35 ans, fondatrice de la société.

Proposant des produits d’hygiène naturels et sans déchets, elle compte 70 salariés pour un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros.

C’est en 2010, que Lætitia, tout juste diplômée en communication à l’université d’Angers, crée Lamazuna. Le déclic ? Un matin, privée de trousse de toilette, elle comprend qu’elle peut se démaquiller avec de l’eau et une serviette, sans générer de déchets.

2 500 euros pour démarrer

Pour la jeune femme soucieuse d’écologie débutent cinq années de recherche de fabricants français de lingettes lavables, shampoings solides… qu’elle fait connaître sur de petits salons. Le tout, en conservant un emploi.

Capital de départ : 2 500 euros. En commençant aussi petit, « Lamazuna a mis du temps à se développer mais cela m’a permis de faire des erreurs sans qu’elles soient trop graves, par exemple oublier la TVA sur des factures », se souvient Laëtitia.

En 2015, c’est l’envol. Le chiffre d’affaires bondit de 150 000 à 600 000 euros. « La France a accueilli la COP 21. Du jour au lendemain, les gens ont compris l’enjeu gigantesque du plastique et les clients ont accouru », analyse-t-elle.

Non aux fonds d’investissement

Sur cette lancée, l’entreprise continue d’accroître le nombre de ses fournisseurs jusqu’à en compter une trentaine. Ses produits accèdent aux réseaux de distribution de vrac et de bio.

Si le confinement a creusé la courbe des ventes, elles ont vite retrouvé leur niveau d’avant crise, juste avant le… reconfinement.

Cet automne, Lamazuna a franchi une nouvelle étape : elle s’est lancée dans la grande distribution, avec Leclerc. D’autres innovations sont prévues en 2021, dont des produits d’entretien ménager.

Lamazuna a mis du temps à se développer mais cela m’a permis de faire des erreurs sans qu’elles soient trop graves, par exemple oublier la TVA sur des factures.

Laëtitia Van de Walle

La société s’impose sur le marché prometteur de la cosmétique durable, suivie par des géants comme L’Oréal, qui s’est lancé dans les shampoings solides.

Les fonds d’investissement voudraient bien se glisser dans le capital, mais trouvent porte close. La directrice veut grandir à son rythme, avec ses salariés, en respectant le sens du projet.

Depuis deux ans, l’entreprise a quitté Montreuil pour Marches, un village de la Drôme où la construction d’un éco-batiment est en cours.

Alors, les convictions ou la croissance ? « Si on reste droit dans nos bottes, nos clients nous feront confiance. Pour tenir dans la durée, c’est un avantage », estime Laëtitia, qui a refusé de livrer en Australie, un « non-sens écologique ».

Dans mon portable

Instagram « Nous communiquons beaucoup par ce biais. En particulier, durant le confinement, chaque jour, à 17 h 30, j’ai réalisé des live en binôme avec d’autres entrepreneurs. »

OUI SNCF « Chaque semaine, je remonte à Paris, car nous y avons une boutique, ainsi que pour des rendez-vous. Je me déplace aussi dans le reste de la France, pour rencontrer des partenaires et d’autres entreprises avec lesquelles nous montons des projets. »​​​​​​

* Jolie jeune fille, en géorgien, sur la suggestion d’un ami de Laëtitia Van de Walle