Voiture autonome : la révolution qui va changer la ville et la vie

En pratique

Voiture autonome : la révolution qui va changer la ville et la vie

La voiture sans chauffeur aura pour conséquence principale que les individus seront moins enclins à posséder leur propre véhicule. Ils le loueront, ce qui aura un impact majeur sur le secteur automobile et l’ambiance urbaine.

Le groupe d’assurances allemand Allianz affirme qu'environ un tiers des véhicules seront partiellement ou totalement automatisés d'ici à 2035. Les logiciels de conduite autonome, ceux qui conduiront bientôt la voiture sans chauffeur, font des progrès énormes. Et cela va transformer la voiture telle que nous la connaissons. Quand il ne sera plus nécessaire de piloter soi-même le véhicule, plusieurs instruments, par exemple le volant et les pédales, pourront disparaître.

Estimation de l'évolution du marché mondial de la voiture autonome

Le conducteur n’ayant plus besoin de regarder la route, les passagers pourront être tournés les uns vers les autres et l’habitacle deviendra un lieu d’échange et de convivialité. L’automobile, qui était un véhicule purement utilitaire, deviendrait une plateforme de services et de divertissements, centrée sur les besoins de l’utilisateur. Il sera possible d’offrir à chaque passager une expérience sur mesure, sans troubler la qualité de celle des autres. On peut imaginer des alcôves à l’intérieur du véhicule, afin d’offrir un espace personnel à chaque passager.

Chaque alcôve comprendra une visière permettant à l’individu de travailler ou de regarder sa série télé favorite, et sera enveloppé dans une coquille, pour procurer aux passagers une isolation sonore et visuelle. Deux passagers peuvent discuter tandis qu’un troisième travaille ou se repose. Certains véhicules pourraient même devenir des bureaux sur roues, avec écrans et surfaces de travail. En permettant aux gens de travailler pendant leur trajet, les entreprises devraient alors accepter de comptabiliser le temps de trajet dans le temps de travail.

L’ex Google car

La voiture deviendra une « plateforme de mobilité »

Les conséquences économiques seront considérables. La voiture sans chauffeur cessera d’être un bien individuel. Il existera des systèmes de taxis autonomes et partagés. Pour les constructeurs automobiles, un modèle vieux de plus d’un siècle devra être reconstruit. De vendeur de produit, ils vont devoir se transformer en fournisseur de services et d’expérience. Ce qui les attend, ce sont des volumes de ventes largement réduits et une nouvelle clientèle. Face à eux, les géants traditionnels, comme Renault ou Wolkswagen ne trouveront plus Ford ou Toyota mais Google et Uber, les champions des algorithmes d’intelligence artificielle qui conduiront les voitures. Cette nouvelle concurrence sera rude.

Ces plateformes seront modulables pour offrir différents types de services en fonction du moment de la journée, de la semaine ou de l’année, servant par exemple de véhicules de transport le jour et de livraison la nuit. Les usagers faisant un long voyage prendront le véhicule muni du lit le plus confortable, ceux qui organisent une réunion pendant le trajet choisiront la voiture offrant le meilleur café et le wi-fi le plus rapide.

Les constructeurs historiques encerclés par les nouveaux acteurs de l'automobile

Place aux robotaxis

La conduite devenant obsolète, le luxe ne consistera plus en un moteur puissant ou une vitesse d’accélération hors norme, mais plutôt en l'expérience d'un voyage le plus confortable possible. Le constructeur anglais Rolls Royce a déjà testé un concept : un canapé en soie, un lambris en bois de Madagascar sculpté à la main et une télévision géante. La voiture comprend également une assistante virtuelle conçue pour prendre soin des passagers. La conduite cessera d’être une obligation pour devenir un loisir, comme autrefois l’équitation.

Qui voudra assurer la voiture sans chauffeur ?

En cas d’accident, que feront les assureurs ? Ils devront déterminer si le responsable est plutôt le concepteur de logiciel, le constructeur automobile, le transmetteur des données ou le conducteur. On installera un enregistreur de données, l'équivalent de la boîte noire dans les avions. La bonne nouvelle, prévoit l’assureur Allianz, c’est qu’il y aura moins d’accidents (les accidents coûtent chaque année 32,8 milliards d'euros en France, plus que le budget de la défense) et que les primes baisseront pour les assurés, même si les réparations en cas d’accident coûteront plus cher à cause de l’équipement numérique des véhicules. Enfin, avec la voiture autonome, les spécificités individuelles des conducteurs auront de moins en moins d’importance face aux caractéristiques des véhicules.

Et la pollution urbaine ?

D’après un rapport du Boston Consulting Group, l'avènement de la voiture autonome pourrait faire baisser de 80 % les émissions de gaz polluants car les robotaxis électriques sans chauffeur représenteraient 49 % des distances parcourues en ville. Il y aura également beaucoup moins de voitures individuelles, environ 1 % des véhicules en circulation. Logiquement, il y aura aussi beaucoup moins d’accidents. Les villes, souvent construites pour servir la voiture individuelle, changeront de visage.

En chiffres

10 %

de l’espace urbain, aujourd’hui occupé par les parkings, pourraient devenir des espaces verts.

Comme les véhicules autonomes n’ont pas besoin de faire de pause, les parkings, qui occupent aujourd’hui presque 10 % de l’espace urbain, pourront devenir des espaces verts. Les panneaux de circulation et les feux tricolores disparaîtront progressivement. L’autopartage permettra de réduire le nombre de voitures sur les routes, qui pourront donc être moins larges, libérant encore de l’espace. Davantage de rues pourront devenir piétonnes. Enfin, le développement des véhicules électriques supprimera les nuisances sonores. Les villes seront plus calmes, plus vertes et plus sûres.