Freelance et salarié : le choix payant des pluriactifs

En pratique

 Freelance et salarié : le choix payant des pluriactifs

Doit-on vraiment choisir entre être salarié ou freelance ? Selon un rapport de l'Insee publié ce mercredi, ceux qui cumulent les deux statuts s'en sortent (beaucoup) mieux financièrement. 

SURPRENANT

Entre la liberté d’être son propre patron et l’assurance d’un revenu régulier, certains Français préfèrent ne pas choisir. En effet, un freelance sur quatre est aussi salarié (en 2016), apprend-on dans un rapport de l’Insee publié ce mercredi. Ces travailleurs à la double casquette sont appelés des “pluriactifs”. 

Cumuler les deux statuts est tout d’abord une bonne idée financière : les pluriactifs perçoivent en moyenne 5 880 euros par mois* contre 3 540 euros* pour les monoactifs, soit 1,7 fois plus. 

Pour les freelances sous le régime de la micro-entreprise, l’écart est encore plus significatif : “les monoactifs gagnent en moyenne 510 euros par mois, les pluriactifs perçoivent un revenu total de 2 310 euros*, dont plus de 80 % provient de leur activité salariée.” Ces revenus peuvent ne pas servir qu’à la rémunération, mais aussi aux bénéfices réalisés dans leur entreprise ou à se verser des dividendes plutôt qu’une rémunération. 

Pourquoi le choix de la pluriactivité ? 

Le cumul de plusieurs statuts n’est pas tant un choix qu’une contrainte. L’Insee distingue neuf profils parmi ces mi-freelances, mi-salariés. Leurs motivations diffèrent : compenser une activité salariée peu rémunératrice ou à l’inverse assurer des revenus fixes pour les micro-entrepreneurs à faibles revenus.

"40 % des pluriactifs ont une activité salariée importante, souvent proche d’un temps complet exercé pendant toute l’année" peut-on lire dans le rapport de l'Insee.

Qui sont ces pluriactifs ? 

Certaines professions favorisent le recours au salariat et au freelancing : les médecins et dentistes, par exemple. Cumuler ces deux statuts est, pour eux, beaucoup plus probable que pour les commerçants (+29%). En effet, la gestion d’une boutique, l’activité intense et régulière comme la construction ou les activités nécessitant un fort investissement financier initial (taxis) permettent difficilement d’avoir une autre activité en parallèle. 

A l’inverse, les artistes privilégient le temps passé pour leur activité non-salariée et n’occupent des postes salariés que sur des périodes courtes. 

Enfin, la probabilité d’être monoactif augmente avec l’ancienneté dans l’activité non salariée. Elle est aussi plus forte après 60 ans. 

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déduction faite des cotisations sociales payées dans l’année mais pas des contributions sociales (CSG, CRDS).