Reconnaissance faciale : Portland interdit la surveillance au travail 

En pratique

Reconnaissance faciale : Portland interdit la surveillance au travail 

En plus de pointer du doigt le manque de réglementation autour de la reconnaissance faciale, la commissaire de la ville de Portland estime qu'il y a des risques de discrimination tant que la technologie n'est pas au point.

INITIATIVE

La ville de Portland, dans l’Oregon aux Etats-Unis, prévoit d’interdire la reconnaissance faciale courant 2020, rapporte le magazine d’affaire américain Fast Compagny. Ce n’est pas la première ville américaine à se saisir du sujet, San Francisco l'a interdit à sa police municipale. Mais Portland est la ville la plus radicale à ce propos. En plus de l'interdire à ses services municipaux, elle prévoit de pénaliser l'usage de la reconnaissance faciale aux entreprises dans le cadre de la sécurité (éviter les vols à l'étalage dans les magasins) ou pour la reconnaissance et la surveillance des employés. 

La commissaire de la ville, Jo Ann Hardesty, mène ce combat : “La reconnaissance faciale a des conséquences importantes sur le quotidien des gens dès lors que ces algorithmes sont utilisés pour la sécurité et “le dépistage d’emploi””.

Un moratoire avant que la technologie soit sûre

Elle soulève alors un écueil. Les reconnaissances faciales reproduisent en fait les travers sociaux à savoir la discrimination des minorités. Selon la chercheuse du MIT, Joy Buolamwini : “le taux d’échec pour un homme blanc varie de 0 à 0,8%. Pour une femme noire, il s’élève à 20% pour les intelligences artificielles de Microsoft, 34% pour IBM”. Depuis son étude, les entreprises citées ont néanmoins travaillé à réduire ce taux.

“On sait qu’il existe encore des obstacles techniques. Et même si ces problèmes étaient résolus, les abus potentiels sont trop importants, notamment à cause du manque d’encadrement légal”. La chercheuse préconise alors un principe de précaution. 

Vente, sécurité, gestion des flux, quels usages pour la reconnaissance faciale ? 

Par ailleurs, la commissaire de la ville de Portland souligne : “Les compagnies privées ne demandent jamais la permission pour la reconnaissance faciale, ni pour sa collecte, ni pour son stockage, ni pour la vente de nos visages. Qu’arrivera-t-il si cette technologie prend une place incontrôlée ?"

Les entreprises, elles, prônent la sécurité. Dans le commerce, la reconnaissance faciale serait principalement utilisée pour retrouver les voleurs à l’étalage. D'autres usages sont envisagés par les acteurs privés. AEG Presents et Live Nation, deux organisateurs mondiaux d'événements, envisagent de l’utiliser pour identifier leur public et ainsi fluidifier l’accès aux spectacles.