Trottinettes en ville : comment favoriser des conditions de travail décentes pour les juicers

En pratique

Trottinettes en ville : comment favoriser des conditions de travail décentes pour les juicers

La ville de Paris a lancé un appel d'offres pour encadrer la mobilité urbaine pour l'instant sauvage. Parmi les critères sélectifs, le respect de l'environnement, la sécurité des usagers et la gestion de la maintenance. Les négociations permettront-elles d'améliorer les conditions des travailleurs qui rechargent les flottes de trottinettes, au coeur des polémiques ces derniers temps ? 

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Des engins motorisés, souvent très colorés, ont envahi plusieurs villes françaises. Lime, Bird, Dott, Bolt, VOI, Uber... proposent sauvagement aux citadins des vélos ou trottinettes électriques.

Ces entreprises n'ont pas attendu d'avoir le droit d'encombrer les trottoirs pour commencer leur business. Après avoir longtemps combattu ces acteurs - qui améliorent mine de rien la mobilité urbaine -, la ville de Paris a décidé d'encadrer le marché. Elle a lancé en fin d'année dernière un appel d'offres dans ce sens.

Trois opérateurs seront agréés pour déposer leurs trottinettes d'ici l'été 2020. 15 000 trottinettes pourront joncher les rues parisiennes à partir de juin 2020, 5 000 pour chacun des trois acteurs finalement sélectionnés. Parmi les conditions à respecter : 

  1. la responsabilité environnementale (40% de la note) 
  2. la sécurité des usagers (30%)
  3. la gestion de la maintenance/recharge de la flotte (30%)

La ville de Paris va-t-elle choisir l'employeur le plus responsable ?

Ce dernier point retient particulièrement notre attention. Une des critiques régulièrement faites à ces start-ups concernent en effet la gestion de leur personnel, comme nous le relations récemment. Les juicers, comme on appelle ceux qui rechargent les trottinettes électriques, sont généralement indépendants et soumis à des conditions difficiles : sous-payés, ils travaillent souvent de nuit et sont mal assurés.

Évoquant une future réglementation du marché le 6 juin dernier, Anne Hidalgo, mairesse PS de la ville, disait vouloir "lutter contre le travail précaire et l'uberisation" de ces employés. Or, un appel d'offres émanant d'une municipalité n'a pas le pouvoir, selon le Parisien, d'intégrer un cahier des charges plus précis en matière d'emploi. La mairie ne précise pas comment elle tiendra compte de ce détail. 

Concernant l'environnement en revanche, Paris annonce prêter attention à l'usage de véhicules propres pour la recharge, alimentés par de l'énergie renouvelable, à la durabilité des trottinettes ainsi qu'à leur recyclage. 

Une réserve importante néanmoins : bien que les candidatures doivent être envoyées avant le 11 mars, la sélection ne se fera qu'après les élections municipales... Nul ne peut, dans ce contexte, prédire le réel aboutissement de ce projet.