Julie Desrousseaux
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En occultant les femmes médecins, chercheuses, politiques, les médias d’information tronquent la réalité et continuent d’entretenir un rapport entre les genres qui est aujourd’hui largement faux.

Au milieu de la salle de rédaction du Temps, la lumière menace de s’allumer à tout moment. Fixée entre deux morceaux de carton, une jauge bricolée à la main affiche le taux de femmes citées dans les 50 derniers articles publiés sur le site du quotidien suisse. Si ce « paritomètre » tombe à zéro, la diode s’allume.

Compter le nombre de femmes représentées, particulièrement dans les contenus d’information, c’est la première recommandation que fait aux médias le rapport de la députée Céline Calvez, remis en septembre 20201 : « Pour que les femmes comptent, il faut commencer par les compter. »

À l’instar du milieu du cinéma, l’élue souhaite même conditionner une partie des 17,4 millions d’euros de subventions publiques versées à la presse écrite (en 2019)2 par un système de bonus/malus sanctionnant les titres qui n’amélioreraient pas concrètement la présence des femmes dans leurs contenus.

Femme, mère, fille de…

Mais compter quoi, exactement ? « Le problème ici est aujourd’hui plus qualitatif que quantitatif », analyse Aude Lorriaux, journaliste chargée des discriminations et des inégalités femmes-hommes chez 20 Minutes.