Comment Mediameeting transforme la radio d'entreprise à l'heure de la pandémie

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Comment Mediameeting transforme la radio d'entreprise à l'heure de la pandémie

Mediameeting, co-fondé par Anne-Marie de Couvreur, fournit aux entreprises podcasts et webradios, des outils de communication interne bien adaptés aux modes de travail en pandémie.

C’est l’histoire d’une ado qui s’évadait des nuits « parfois longues » de Brive en écoutant la radio, sa passion… En 2004, deux décennies et une carrière dans la communication plus tard, Anne-Marie de Couvreur, 37 ans, démissionne de France Télécom et fonde Mediameeting.

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Anne-Marie de Couvreur a fondé Mediameeting en 2004

À l’origine du projet, sa rencontre avec deux professionnels de la radio. Les trois associés – qui le sont encore – conjuguent leur expertise et inventent la radio d’entreprise. « L’oralité apporte une densité de l’information, de la rapidité et de l’émotion. Nous faisons de la communication interne, managériale et de crise », précise la fondatrice.

Première étape pour cette entreprise pionnière : convaincre les directeurs de la communication des entreprises. À Toulouse, Mediameeting signe ses premiers contrats, avec les laboratoires Pierre Fabre, notamment.

Client après client – SNCF, Burger King et Total en tête –, le projet s’envole avec des taux de croissance à deux voire trois chiffres. Jusqu’à devenir, en 2020, une PME de 220 salariés réalisant un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros.

Une urgence née de la pandémie

Pour gérer cette dynamique, « nous avons un mode de fonctionnement assez simple : sans trop de reporting, basé sur la confiance », précise Anne-Marie Couvreur. Elle lève régulièrement de l’argent auprès d’investisseurs, dont Bpifrance, la banque publique d’investissement.

Étape cruciale, au tournant des années 2010, Mediameeting se convertit au numérique. Codeurs et architectes web rejoignent l’équipe composée jusque-là de présentateurs, de programmateurs et de directeurs conseils en communication.

La nouvelle offre : webradios et podcasts. La demande sociétale et forte, avec quatre millions de Français qui en écoutent chaque mois (Médiamétrie 2018).

Certaines entreprises, qui étaient pourtant à l’arrêt, ont voulu conserver un lien avec leurs salariés. D’autres ont dû s’adapter au télétravail.
Anne-Marie de Couvreur,

Co-fondatrice de Mediameeting

Et la pandémie, qui bouleverse les relations au sein des entreprises, donne au concept un caractère d’urgence. Dans les studios radio rapatriés « dans leur cuisine ou au garage », les salariés de Mediameeting n’ont pas chômé.

« Certaines entreprises, qui étaient pourtant à l’arrêt, ont voulu conserver un lien avec leurs salariés. D’autres ont dû s’adapter au télétravail », analyse Anne-Marie de Couvreur. La concurrence est là – agences généralistes (Wellcom) ou spécialisées (Saooti). Mais les opportunités sont nombreuses, entre pérennisation des usages nés de la crise, PME et pays francophones.

De plus, Mediameeting finalise un nouveau projet. À la rentrée, Air Zen Radio, consacrée au développement personnel, sera accessible sur un canal de radio numérique terrestre.

Ma plus grosse erreur

« Le numérique apporte une grande valeur à l’entreprise, à condition de savoir où on va. Nous n’avions pas une vision claire de ce que nous pouvions proposer aux clients.

Notre stratégie a été lancée dans la douleur. La recherche et développement a été décidée de manière trop imprécise. Nous savions qu’il nous fallait une plate-forme numérique, mais pas quelle technologie il fallait choisir.

On cassait, on recommençait… Ces allers-retours nous ont pris beaucoup de temps. Nous aurions dû dès le départ nous faire accompagner par un cabinet de conseil en stratégie digitale. Cette erreur nous a coûté plusieurs centaines de milliers d’euros. »