Sociologie

« Pivoter » ou mourir, le difficile choix de Monsters, Inc.

Dans Monstres & Compagnie (2001), la capitale Monstropolis s'illumine grâce aux cris de peur des enfants. Problème, ils sont de moins en moins craintifs. Quel nouveau business model inventer ?

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Illustration de l'article « Pivoter » ou mourir, le difficile choix de <em>Monsters, Inc</em>.

© Disney-Pixar

« Vous tâcherez d’expliquer cet incident aux actionnairesMa famille dirige cette compagnie depuis trois générations. Je ferai tout ce qui est possible pour éviter la faillite. » Après un nouvel arrêt de la production, Henry J. Waternoose III est dépité. Le dirigeant ne peut que constater impuissant la baisse des résultats de son entreprise au fil des ans.

Le succès de Monsters, Inc s’est construit sur sa capacité à transformer dans son usine les cris de peur des enfants en source d’énergie pour alimenter Monstropolis. Problème, les enfants sont de moins en moins effrayés par les monstres qui se rendent dans leur chambre la nuit. « Patron, bonne nouvelle ! Nous devrions atteindre notre quota quotidien. - Tant mieux, mais ce serait seulement la première fois ce mois-ci… De mon temps, ils avaient peur d’un rien !  ».

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Henry J. Waternoose III, patron de Monsters, Inc.

Sobriété et chômage

L’équation est simple : moins d’enfants effrayés = moins d’énergie produite. Monstropolis connaît ainsi une pénurie inédite. Aucune substitution n’est possible : Monsters, Inc monopolise toute l’activité de production d’énergie, comme le rappelle une pub télé. « Nous illuminons votre ville. Nous propulsons vos voitures. Nous chauffons vos maisons. Chaque fois que vous tournez un bouton, Monsters, Inc est là. » Les habitants sont appelés à la sobriété pour éviter les coupures de courant et la marche remplace la voiture pour aller au travail. « C’est la fin de Monsters, Inc. Où irons-nous puiser l’énergie nécessaire ? Des centaines de personnes vont être au chômage… », s’inquiète Bob, un des salariés.

Il faut donc trouver une solution à tout prix. Pour le patron, c’est la bascule dans l’illégalité. Il construit une machine terrifiante qui extrait automatiquement les cris des enfants, quitte à mettre en danger leur vie. « Je n’ai pas d’autres choix. Le monde a changé. Notre système est dépassé. J’enlèverais des milliers d’enfants plutôt que de voir cette compagnie ruinée. »

Heureusement, un happy end est au rendez-vous et le patron aux projets criminels est arrêté. Le héros Sulli se rend compte que le rire produit dix fois plus d’énergie que la peur. Il reprend l’entreprise. Sous son impulsion Monsters Inc se reconvertit dans cette nouvelle activité, bien plus rentable. Et les compétences des salariés changent : ce ne sont plus les plus terrifiants mais les plus drôles qui sont promus !

Ces entreprises qui ont survécu en changeant 

Changer de business model pour réussir à survivre n’est pas à la portée de toutes les entreprises. Mais quelques-unes des plus célèbres du monde ont su changer de projet en cours de route pour mieux répondre à la demande. « Tune in, Hook Up », une application de rencontres créé en 2005 où vous mettiez en ligne votre profil en vidéo, cela vous parle ?

Non ? C’est normal, le concept n’a pas marché. 5 jours après le lancement public, personne n’avait rien envoyé. Les fondateurs ont donc décidé d’ouvrir la plateforme à tout type de vidéo. Et voilà qu’était né… YouTube.

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