Sauvetage d'entreprises : décryptage de la méthode française

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Sauvetage d'entreprises : décryptage de la méthode française

Reconnu pour sa capacité à protéger les emplois, le droit français nuit parfois à l’efficacité économique et perturbe la concurrence en privilégiant les repreneurs au détriment des créanciers.

Des milliers de caisses de champagne contre des lignes de crédits bancaires ? Voilà une solution pour sauver les producteurs de vin de luxe étranglés par la pandémie.

L’un d’entre eux, anticipant des difficultés de trésorerie et le risque de cessation de paiement, a entrepris une négociation confidentielle (mandat ad hoc) avec ses créanciers.

L’accord est étonnant: un prêt de deux millions d’euros accordé par la banque partenaire en échange d’un gage sur 1,2 million de bouteilles. Un compromis –et de l’argent frais– qui donne du répit à cette entreprise réalisant un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros.

Économie sous cloche

Si la déferlante de défaillances n’est pas encore là, c’est moins grâce à ces stratagèmes audacieux que par les perfusions d’argent aux entreprises : les milliards d’euros injectés par la puissance publique (collectivités territoriales, État) dans les fonds de solidarité, le chômage partiel, les aides sectorielles, les reports de charges ainsi que les prêts garantis par l’État (PGE) ont mis, pour le moment, l’économie sous cloche.