Télétravail : Madeleine, électron libre, désormais sous surveillance
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Télétravail : Madeleine, électron libre, désormais sous surveillance

Elsa Fayner
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[Nos vies de bureau confinées, saison 2, épisode 5/5] Comble du confinement, le télétravail a renforcé le contrôle de certains managers sur leurs équipes. Alors qu’elles étaient libres de leurs mouvements et de leurs horaires en présentiel, elles sont désormais obligées de rendre des comptes à leur hiérarchie, malgré l’interdiction de sortir et le manque de loisir.  

« De plus en plus d’entreprises s’équipent d’outils pour surveiller les salariés » remarque Jean-Christophe Berthod, qui accompagne les négociations sur le télétravail entre syndicats et entreprises.

« Ces outils évaluent le temps connecté sur des sites jugés “utiles’’, enregistrent ce qui est tapé sur le clavier, si la personne est ou non devant son ordinateur. » C’est l’écueil du télétravail adopté sans réflexion. Surtout, le télétravail peut exacerber des tendances déjà déviantes, comme celle du « manager Excel », comme l’appelle Jean-Christophe Berthod : le responsable d’équipe qui passe ses journées à contrôler qui fait quoi, pour cocher des cases sur un tableur et le « reporter » à sa hiérarchie.

L’ancien employeur de Marie n’a pas eu besoin de tableaux Excel : « Le téléphone et les mails lui suffisaient à nous fliquer » se rappelle la trentenaire. Peut-être parce que l’entreprise reste petite. Mais dans sa grande entreprise de travail temporaire, Anouk1  est « noyée sous le reporting ».