[Dossier] Nucléaire, renouvelables : quel mix énergétique pour 2050 ? 

Environnement

[Dossier] Nucléaire, renouvelables : quel mix énergétique pour 2050 ? 

La France doit accélérer le développement des énergies renouvelables et s'appuyer sur le nucléaire pour avoir le plus de chance d'atteindre ses objectifs climatiques, selon un rapport envisageant différents scénarios pour 2050. 

L'actu. « Un scénario conservant une capacité de production nucléaire importante associé à un développement conséquent des renouvelables est de nature à limiter le risque de non-atteinte des objectifs climatiques ». Dans son rapport présenté lundi 26 octobre, RTE le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, imagine six scénarios pour le mix électrique français à l'horizon 2050, dans l'objectif d'atteindre la neutralité carbone.

Il préconise dans tous les cas un développement significatif des énergies renouvelables. Les scénarios intégrant un maintien, voire la construction de nouveaux réacteurs, de la production nucléaire, permettent d’avoir un coût de l’électricité significativement inférieur (de l’ordre de 10 milliards d’euros par an) et une baisse plus forte et rapide des émissions de CO2.

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Les scénarios les plus compétitifs sont ceux incluant une part de nucléaire.

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Les scénarios présentant les meilleurs résultats en terme d'émissions de gaz à effet de serre, sont ceux incluant une part de nucléaire.

10 articles pour tout savoir des défis de la transition énergétique

Notre dossier. Dans tous les cas, le développement massif des énergies renouvelables va bouleverser le réseau électrique.

Et avec la transition écologique, l'électricité revient au centre du jeu énergétique, comme au début du XXe siècle quand elle incarnait l'idée même de modernité.

Est-ce possible d'écarter le nucléaire de cette production d'électricité, en raison des risques d'accident et l'épineuse question des déchets ? Deux économistes en débattent.

Des scénarios de sortie du nucléaire existent, mais ils seront plus chers et la réduction des émissions de CO2 sera plus lente. Et l'exemple Allemand, grand émetteur de CO2, confirme qu'une sortie de l'atome à court terme est un non-sens climatique.

Dans d'autres scénarios de RTE, il faudrait au contraire construire plus de réacteurs nouvelle génération. Combien ça coûterait ?

L'État devra faire des choix dans un secteur où il est obligé d'intervenir

Pour Stéphane Marchand, directeur de la rédaction de Pour l'Éco, il est grand « temps de sortir ​​​​​​du débat naïf sur la propreté des énergies », aucune ne peut être parfaite.

Surtout que, quelque soit les virulents débats sur le mix électrique, la sortie des énergies fossiles est un impératif. Problème, ce ne sera pas simple tant notre addiction au charbon pour produire de l'électricité est grande.

Et pour réussir la transition écologique, les politiques seront obligés d'obtenir une adhésion populaire, en dépit de profondes et coûteuses transformations.

Pour l'économiste Jean Pisani-Ferry, ce sera même inévitablement « un choc économique majeur ».

Bonus vidéo. La décarbonation de l'économie, c'est vraiment possible ? Réponse avec Patrice Geoffron, expert de l'économie de l'énergie.

Un scénario conservant une capacité de production nucléaire importante associé à un développement conséquent des renouvelables est de nature à limiter le risque de non-atteinte des objectifs climatiques.
RTE,

Gestionnaire du réseau de transport d'électricité