EDF, une entreprise très politique 
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EDF, une entreprise très politique 

Laurent Martinet
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Pour alléger la facture d’électricité des Français, le gouvernement demande à EDF de sacrifier son intérêt économique. Pourtant, l’entreprise est rentable et serait même riche si la loi ne l’obligeait pas à geler dans ses comptes des sommes colossales pour le démantèlement des centrales nucléaires.

Longtemps, EDF s’est vue en puissante multinationale courtisée par les investisseurs. En 2007, deux ans après son introduction en Bourse, l’action de la société anonyme Électricité de France occupait la première place du CAC 40. Depuis, c’est la descente aux enfers.

Son rachat du groupe Constellation (à la barbe de Warren Buffett) aux États-Unis, en 2008, a tourné au fiasco industriel et financier. Après la catastrophe de Fukushima, en 2011, il a fallu investir des dizaines de milliards d’euros dans la sécurité des centrales nucléaires.

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* Part du groupe après déduction de la part revenant aux actionnaires minoritaires des filiales.

Il lui faut aussi trouver 15 milliards d’euros par an pour investir dans ses futurs moyens de production, qu’ils soient nucléaires ou renouvelables. Très endettée, l’entreprise cherche désespérément des capitaux.

Coup d’Arehn

L’année 2022 a mal commencé. Le 12 janvier, l’électricien a annoncé un nouveau retard pour l’EPR de Flamanville, dans la Manche. Cette centrale est censée représenter l’avenir du nucléaire français. Sa mise en service, prévue en 2012, n’aura pas lieu avant 2023, et son coût a quadruplé.