Qui est prêt à payer l’addition écologique ? - L'édito de Stéphane Marchand, rédacteur en chef de Pour l'Éco

Environnement

Qui est prêt à payer l’addition écologique ? - L'édito de Stéphane Marchand, rédacteur en chef de Pour l'Éco

Le réchauffement climatique ne fait aucun doute, et pourtant la transition énergétique, tarde à s’organiser. 

stephaneSommes-nous encore capables de prendre de grandes décisions collectives, d’y mettre les moyens et d’en assumer les conséquences ? C’est à ce genre de question que les Ukrainiens ont répondu oui quand il s’est agi, fin février, de choisir, face à l’invasion russe, entre la capitulation et la résistance. La menace ne faisait aucun doute, elle était immédiate et l’existence même du pays était en jeu.

D’autres menaces existentielles pèsent sur nous. Le réchauffement climatique, lui non plus, ne fait aucun doute, et pourtant la résistance, c’est-à-dire la transition énergétique, tarde à s’organiser.

Alors que le pays devra dans un mois se doter d’une majorité (et d’une opposition), Pour l’Eco pose clairement la question : quels sacrifices somme nous prêts à consentir pour financer, exécuter et assumer la transition énergétique, c’est-à-dire une gigantesque décarbonation de l’économie et de la société ?

Les hausses des prix à la pompe, liées à la guerre, bouleversent aussitôt notre rapport au logement, à la mobilité et au travail et les crises sont de puissants catalyseurs d’innovation et de mutation, mais la grande et coûteuse échappée verte demandera aussi, pour être acceptée, des filets anti-précarité sociale.

Il existe mille façons de décarboner et il faudra savoir choisir les projets les plus rentables de manière à pouvoir les décliner ensuite dans les pays qui, comme l’Égypte, ne sont pas prêts pour la transition.

Et maintenant, la grande inconnue : qui va décider du moment, de l’ampleur et du coût de la transition ?

En d’autres termes, quel prix mettons-nous sur nos valeurs ? Espérons que nous sommes moins inconscients, moins suicidaires, que nous le décrit le cinéma. Espérons aussi que la transition, qui sera douloureuse, pourra se faire dans le cadre de la démocratie, la vraie, celle qui donne aussi la parole aux générations qui ne sont pas encore là, bref, celle qui dit non à la dictature du présent.

Bonne lecture.

couv_plQuels sacrifices sommes-nous prêts à consentir pour financer, exécuter et assumer la transition énergétique, c’est-à-dire une gigantesque décarbonation de l’économie et de la société ? C'est le sujet qu'a choisi de traiter la rédaction de Pour l'Éco ce mois-ci. À retrouver en kiosque et en ligne.