Bitcoin, éther… 5 crypto-monnaies décryptées

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Bitcoin, éther… 5 crypto-monnaies décryptées

En chute libre depuis début mai, le marché des crypto-monnaies est souvent considéré comme un tout homogène. Chaque devise a pourtant son propre modèle économique et sa propre utilité. Pour l’Éco vous explique tout ça.

Le bitcoin a chuté de près de 60 % entre son pic de novembre 2021 et son plus bas de mai 2022. Depuis une semaine, il ne fait pas bon posséder de la crypto-monnaie. Mais elles ne sont pas toutes pareilles : leurs performances techniques et leurs ambitions philosophiques sont différentes. Pour l’Éco vous présente les cinq projets les plus importants.

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Éco-mots

Crypto-monnaie

Monnaie virtuelle décentralisée qui repose sur la technologie de la blockchain et un protocole informatique crypté. Il permet des transactions sans frais et de manière anonyme. Pour produire de la crypto-monnaie, il faut réaliser un minage (procédé par lequel de nouvelles unités sont mises en circulation). En limitant la production d’une crypto-monnaie ou d’une autre, les créateurs font également évoluer les prix.

1. Le bitcoin

Son histoire

Le 3 janvier 2009, Satoshi crée et mine le premier bloc, appelé genesis bloc, dans lequel il insère discrètement le titre du quotidien The Financial Times. En octobre 2009, la valeur du bitcoin est estimée pour la première fois, dans un article : 0,001 dollar. Ce prix correspond alors au coût de production d’un bitcoin, soit la valeur de l’électricité consommée pour le miner.

Dès février 2011, le bitcoin atteint la parité avec le dollar (1 bitcoin = 1 dollar) puis avec l’euro. En 2013, l’Allemagne donne un statut légal à cette crypto-monnaie, et c’est là qu’elle explose. C’est de loin la crypto-monnaie la mieux valorisée.

Son fonctionnement

Il existe 17 millions de bitcoins en circulation et la production maximale sera atteinte à 21 millions. Le fait d’avoir un plafond et une production restante limitée fait augmenter sa valeur (plus de 58 000 euros au plus haut en novembre 2021). De nombreuses personnes veulent ainsi en posséder avant la fin de sa production (estimée à 2140, mais avec 98 % déjà produits en 2030). Et pour faire encore davantage monter les enchères, les créateurs ralentissent le rythme en divisant par deux tous les quatre ans le nombre de bitcoins émis.

Créé par Satoshi Nakamoto, sans que l’on sache si c’est un pseudonyme ou un groupe de personnes, le Bitcoin a le temps de construction de bloc (ensemble de transactions validées) le plus élevé, ainsi que le nombre de transactions par minute le plus faible.

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Éco-mots

Blockchain

Technologie transparente et sécurisée de stockage et de transmission d’informations, qui fonctionne sans organe central de contrôle.

Le bloc bitcoin met environ 10 minutes à se créer (se miner), et les transactions sont plus lentes (7 transactions maximum par seconde).

Utilisé par qui ?

Actuellement, le bitcoin est l’alternative crypto la plus utilisable dans la vie quotidienne par rapport à la monnaie “classique” : des entreprises comme Tesla, Microsoft ou chez Burger King l’ont acceptée comme moyen de paiement. Plus insolite, on peut aussi le dépenser pour aller dans l’espace. Virgin Galactic, société fondée par Richard Branson, l’accepte pour ses billets spatiaux.

2. Le litecoin

Son histoire

Le litecoin a vu le jour en octobre 2011, créé par Charlie Lee, ancien employé de Google. C’est donc l’une des premières crypto-monnaies, il dispose donc d’un effet de réseau important avec de nombreux processus de paiements qui acceptent le litecoin.

Éco-mots

Effet de réseau

Un effet de réseau a lieu quand l’usage d’un service ou d’un produit accroît la valeur de celui-ci pour l’ensemble des utilisateurs et pour les consommateurs à venir.

Son fonctionnement

Souvent vu comme le petit frère du bitcoin, sa circulation est limitée à 84 millions d’unités, elle est proche de certaines caractéristiques de son “frère” : l’émission de nouveaux litecoins est divisée par deux tous les quatre ans.

Pour produire un bloc de litecoin, il faut 2 minutes et 30 secondes. Au maximum, 56 transactions par seconde peuvent avoir lieu chaque seconde. Son développement, lent et minutieux, est à la fois un avantage et un inconvénient. Ce modus operandi lui permet d’être une valeur sûre pour les investisseurs mais a aussi provoqué un retard technique par rapport à d’autres crypto-monnaies.

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Utilisé par qui ?

Parmi ses partenaires, on retrouve Nord VPN, fournisseur de réseaux privés virtuels, qui accepte les paiements en litecoin, ou encore le festival international du film de San Diego (Etats-Unis), où les tickets peuvent être achetés en litecoin.

3. L’éther

Son histoire

Créé en 2015, l’éther n’a pas prévu de quantité maximale de production. Au 16 mai, L’éther est la deuxième crypto-monnaie au prix le plus élevé pour l’acheteur (1 949 euros).

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Son utilisation et son fonctionnement

Aujourd’hui, il y a environ 102 millions de "jetons" d’éther en circulation. Présente dans le réseau Ethereum (qui centralise de nombreuses applications où l’on paye avec de l’éther comme Augur, site de pari sportif et économique, ou Polymarket, qui permet de parier sur les résultats des marchés de l’information), cette crypto-monnaie pourrait voir sa valeur s’envoler en cas de hausse de popularité du réseau.

Sa durée de création est très courte (0,5 seconde), et les transactions sont bien plus nombreuses et rapides (20 par seconde au maximum).

4. Le Tether (USTD)

Son histoire

Jeton numérique créé en 2014 sous le nom de « Realcoin », il s’agit du premier stablecoin. Adossé au dollar américain grâce à la garantie de son entreprise créatrice Tether Limited, sa valeur dépend de la confiance apportée à l’entreprise.

Son fonctionnement

Évalué à 1 dollar au 16 mai, le Tether est maintenu par un équilibre entre l’offre et la demande. L’entreprise Tether crée une demande constante à 1 dollar, mais les acheteurs et vendeurs peuvent tenter d’acheter du tether si son prix est inférieur à 1 dollar, et de le vendre s’il repasse au-dessus du 1 dollar.

Dans son fonctionnement, chaque USTD correspond à un dollar américain. L’entreprise peut fournir des dollars contre l’USTD à n’importe quel moment, et inversement.

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Le premier intérêt est d’offrir aux utilisateurs un moyen de se prémunir contre la volonté du marché, grâce à l’indexation sur le dollar. C’est à l’heure actuelle le stablecoin le plus répandu et le plus reconnu.

Toutefois, elle a créé la polémique car elle est une filiale de Tether Holdings Limited, enregistrée dans les Îles Vierges britanniques, où la fiscalité est bien plus avantageuse.

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5. Le Stellar

Son histoire

Fondé en 2014, déjà produit à 18 milliards d’unités, le stellar peine à voir son prix s’envoler (0,132 euro l’unité au 16 mai). Peu reconnue, cette crypto-monnaie est pourtant utilisée pour traiter des transactions dans plusieurs devises.

Son fonctionnement

Libre d’accès et décentralisé, le Stellar s’adresse aux particuliers comme aux professionnels. Le réseau disposait à l’origine d’un plafond de 105 milliards de tokens (jetons). En 2019, l’offre a été réduite de plus de la moitié, il n’y aura donc “que” 50 milliards de tokens Stellar, et tout a déjà été pré-miné.

Le réseau est très rapide (environ 1000 transactions par seconde), une rapidité en partie due à son algorithme utilisé pour valider ou non les transactions, le FBA (Federated Byzantine Agreement). Une partie du réseau approuve la transaction, qu’il fait valider automatiquement par un autre nœud du réseau.

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Utilisé par qui ?

En 2016, le cabinet de conseil Deloitte annonçait un partenariat avec Stellar, pour développer une application de paiement.

Mais c’est surtout en 2017, lorsque Stellar annonçait un partenariat avec IBM que le réseau de crypto a été mis à l’honneur. Sa mission était de mettre en place des liens facilités entre les différents pays du Pacifique Sud, avec un objectif : traiter environ 60 % de l’ensemble des paiements transfrontaliers dans la région.