« Faire un chèque en bois », une expression du temps où le bois ne coûtait rien

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« Faire un chèque en bois », une expression du temps où le bois ne coûtait rien

Moyen de paiement sûr à son lancement au XIXe siècle, le chèque a séduit les masses, mais est aujourd'hui sujet à nombre de fraudes.

Comment éviter d’avoir sur soi de grosses sommes d’argent et risquer ainsi de se faire dépouiller sur des routes peu sûres ? C’est pour répondre à cette demande des commerçants, lors des foires, que l’idée du chèque, un papier sur lequel on couche une promesse de paiement, apparaît.

La Banque de France émet son premier chèque en 1865, mais il faudra attendre la fin de la Première Guerre mondiale et l’apparition du compte chèque postal, pour que le chèque commence réellement à se démocratiser. Dans les années 1970, il est utilisé par plus de 60 % des Français.

Un moyen de paiement très fraudé

Ce succès n’échappe pas aux fraudeurs, qui se mettent à signer des chèques sans avoir le montant correspondant sur leur compte. La victime, au lieu de se voir créditer la somme inscrite sur le chèque reçu, ne touche rien.

On parle alors de chèques sans provision, ou « chèques en bois », un dérivé modernisé de la vieille formule du XIVe siècle « en bosc » et de celle du XVe siècle, « de bois ». L’expression « en bosc » évoque d’abord une imitation de piètre valeur avant de devenir synonyme de fausseté. À l’époque, le bois ne coûte rien, c’est le matériau du pauvre. Il leur permet de se fabriquer une prothèse de jambe, de créer un sabre factice pour les enfants, ou d’imiter des matériaux plus nobles.

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Au fil du temps, la locution devient synonyme de fausseté, de toc, un mot parfait pour désigner ces chèques qui ne valent rien. Ironie de l’histoire : si le chèque est né d’un besoin de sécuriser les paiements, il est aujourd’hui, selon le rapport de 2020 de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, le plus fraudé en France.

Crédits photo : Check Writing, par David Goehring via Flickr. CC BY 2.0