Développeur d'applis mobiles, un conseiller technique aux compétences qui rapportent

Futur et Tech

 Développeur d'applis mobiles, un conseiller technique aux compétences qui rapportent

À la fois expert technique et à l’écoute des besoins du client, le profil de codeur est très recherché et les rémunérations sont généreuses.

Notes métier : technique 4/5 – écologie 2/5 – insertion professionnelle 5/5.

« J’étais un mauvais élève. Les cours m’ennuyaient. Et puis j’ai vu Social Network. C’est un peu cliché, mais ça a créé un déclic chez moi. Dans ce film qui retrace la création de Facebook, un étudiant de 20 ans conçoit en quelques semaines un code informatique, aujourd’hui utilisé par 2,5 milliards de personnes dans le monde. Il n’y a pas plus cool ! Je suis ensuite allé voir comment on faisait sur Internet, puis j’ai commencé à coder », confie Lucas Scario qui, depuis, est passé des sites aux applications mobiles. Il est aujourd’hui développeur pour l’appli Yubo, un réseau social pour les adolescents.

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Serial codeur

Un développeur mobile est un conseiller technique. Il choisit les systèmes d’exploitation, programme les logiciels et conçoit les codes qui permettront à l’application de fonctionner puis d’évoluer. Quand il était encore étudiant à l’école d’ingénieurs angevine ESEO, Brendan Guillemot a par exemple développé une appli répertoriant toutes les plages situées à proximité de l’utilisateur. Une fois celui-ci connecté, une carte du bord de mer s’affiche sur son écran. Sur chaque plage, il y a un bouton rouge.

Quelles formations ?

Apprendre à coder en chaussettes, sans ou avec professeur, en trois jours, en deux ans… Il y en a pour tous les goûts tant l’offre de formation est pléthorique. Pour preuve, la Grande école du numérique (GEN), lancée fin 2015 par le gouvernement et des partenaires privés comme Google et Capgemini, compte aujourd’hui dans son réseau 195 formations spécialisées dans le développement d’applications mobiles.

En quatre ans, elle a ainsi labellisé en moyenne près d’un cursus par semaine. Dans ce large catalogue, il y a les stars : l’École 42, Epitech et Epita font partie des formations les plus influentes dans le secteur.

En cliquant, l’usager peut savoir s’il s’agit d’une plage de galets ou de sable, s’il peut y promener son chien, etc. « Pour traiter les informations de localisation et faire apparaître la bonne carte, un code informatique est nécessaire. Pour que la carte s’affiche au bon format et avec les bonnes couleurs, il faut d’autres codes… Le travail du développeur est de créer tous ces codes », égraine l’ancien étudiant, aujourd’hui développeur mobile chez Famoco, start-up spécialisée dans les applications mobiles.

Un testeur sachant anticiper

Attention toutefois aux raccourcis. « Un développeur n’est pas une simple petite main », nuance Samuel Poiraud, responsable du Bachelor numérique à l’ESEO. « Il comprend les attentes du client et lui explique les faisabilités techniques. Il organise et hiérarchise ses tâches. Puis, il code. Ensuite, il teste, ce qui occupe 80 % de son temps. »

Au cours de cette étape, il anticipe tous les bugs possibles. Par exemple, si un usager se trompe d’identifiants lors de sa connexion, l’application plante si le développeur n’a pas envisagé cette erreur. À l’inverse, s’il a bien fait son travail, l’utilisateur peut saisir une nouvelle fois son identifiant.

Si le codeur est également chargé de mettre en place de nouvelles fonctionnalités, il doit s’assurer du bon fonctionnement de l’application, quelles que soient les évolutions de l’environnement informatique. « Nos téléphones se mettent plusieurs fois à jour par an. Le développeur se doit de mettre en place une solution afin que le rafraîchissement du système n’impacte pas le fonctionnement de l’application », explique Samuel Poiraud.

Des compétences qui rapportent

Ce savoir-faire est très recherché par les employeurs. « Prestataires de services numériques, start-up, grands groupes, banques, sites d’e-commerce, industriels, tous cherchent des développeurs mobiles. Toute la journée, le téléphone sonne au cabinet. Nous sommes dans l’incapacité de répondre à toutes les demandes. Les besoins sont si grands », relate Emmanuel Stanislas, dirigeant de Clémentine, cabinet de recrutements spécialisé dans les métiers du digital.

Chaque seconde dans le monde, 6 000 applications mobiles sont téléchargées, selon le dernier rapport de la firme App Annie, spécialisée dans l’analyse de données mobiles. Le marché de l’emploi est donc favorable à ces diplômés et ils le savent. Ils n’hésitent pas à négocier leurs conditions de travail (journées en télétravail) et de bons salaires.

La rémunération d’un débutant, niveau bac + 3, est de 35 000 euros brut par an, selon le site Neuvoo, diffuseur d’offres d’emploi.

Créer une appli, mode d’emploi

Les quatre salariés de Nanogramme créent des applications à la demande du client. Cela commence toujours de la même manière. Le client a une idée et veut savoir combien cela coûterait de la réaliser –
le premier prix pour le développement d’une appli se situe entre 30 000 et 40 000 euros. « Huit fois sur 10, l’idée, c’est trois lignes dans un mail », explique Nicolas Guy, ingénieur et dirigeant de l’agence.

Un peu court. Alors, pendant un mois, lors de deux à six ateliers d’une demi-journée, Nicolas et son chef de projet aident le client à concrétiser son souhait initial. Qui utilisera l’appli ? Quelles fonctionnalités ? À quoi doit-elle ressembler ?

« Une fois que nous avons cette vision détaillée, nous pouvons évaluons la durée de réalisation – de deux mois à un an –, les ressources nécessaires et donc son coût », poursuit le dirigeant. La mise en chantier est alors lancée.

On débute souvent par le design : l’agence fait appel à des graphistes indépendants. Puis l’ergonomie est explorée : c’est le travail des UX designers, spécialistes du parcours utilisateur ; le développement est la prochaine étape : les deux développeurs de Nanogramme codent et testent l’appli.

Après validation d’Apple, celle-ci est finalement mise en ligne sur le store. Dernière étape, les développeurs assurent la maintenance : ils réparent les bugs et font évoluer l’appli en lançant de nouvelles versions.