Faut-il un protectionnisme européen des données de santé ?

Futur et Tech

Faut-il un protectionnisme européen des données de santé ?

À l’heure de l’application TousAntiCovid, la question de la confidentialité des données de santé émerge dans le débat public. Existe-t-il un risque de fuite de ces données ? Comment s’en prémunir à l’avenir ? Débat.

Le débat

Faut-il un protectionnisme de nos données de santé ?

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Non, la recherche est mondiale

Emmanuel Didier

Sociologue, chargé de recherche au CNRS, membre du centre Maurice-Halbwachs (ENS/EHESS). Il est professeur associé au séminaire Santé et Big Data organisé par l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et coauteur de Benchmarking : l’État sous pression statistique (éd. de La Découverte, 2014).

Oui, le temps de construire une offre éthique et transparente

Laure Millet,

Responsable du département Santé de l’Institut Montaigne depuis juin 2018. Elle a notamment coordonné la publication de différents rapports sur les enjeux de l’Intelligence artificielle à l’hôpital ou sur les indicateurs de qualité des soins co-construits avec les patients. Récemment, elle a piloté le rapport "E-santé, augmentons la dose !" (2020).

L'avis de Emmanuel Didier : Non, la recherche est mondiale

Notre pays possède l’une des plus importantes bases de données de santé au monde. Nos choix politiques, symbolisés notamment par la Sécurité sociale, ont permis une hypercentralisation des informations, contrairement aux USA où ces datas sont éparses, séparées, divisées entre une multitude d’assureurs privés.

Au regard de ce catalogue français hyperfourni et de la sensibilité des données, la problématique de l’hébergement est à prendre extrêmement au sérieux.

Il s’agit de concilier deux nécessités : rendre les données accessibles à ceux qui en auraient besoin pour développer des dispositifs médicaux tout en fermant l’accès pour que les données individuelles soient protégées. Les patients français ne doivent pas être exposés.