Tout comprendre au métaverse en 4 questions

Futur et Tech

Tout comprendre au métaverse en 4 questions

Décrit par Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, comme le futur « Graal » des interactions sociales, le métaverse fait fantasmer de nombreux poids lourds du numérique. Mais de quoi s’agit-il vraiment ? Pour l’Éco vous explique tout, en 4 questions.

En octobre 2021, Facebook annonçait son changement de nom. Le groupe s’appelle désormais Meta Platforms. Le métaverse, un mot mystérieux qui inspire la crainte de 75 % des Français. Le secteur pourrait pourtant peser 800 milliards de dollars en 2024. De quoi s’agit-il vraiment ? À Pour l’Éco, on a décidé de tout vous expliquer !

De quoi s’agit-il ?

Rêve de nombreux développeurs de jeux vidéo depuis des années, le métaverse fait partie des mots les plus en vogue dans l’univers de la tech actuellement.

Pourtant, son concept existe depuis 1992, avec le roman de Neil Stephenson, Le Samouraï virtuel. Dans son livre, l’humanité vit dans un monde futuriste, grâce à des lunettes spéciales. Chaque individu pouvait se connecter à cet univers en trois dimensions, où les actions virtuelles ont des conséquences sur le réel.

La réalité envisagée pour le metaverse n’est pas si éloignée de cette fiction. Dominique Boullier, professeur d’université en sociologie à Sciences Po Paris, expliquait le métaverse pour TV5 Monde : « L’idée, c’est de générer un univers virtuel entièrement numérique mais connecté au monde réel. Ce dernier nous permet d’interagir en générant des activités de tous types, des jeux, des discussions ».

Pas encore construit, le métaverse est pour Mark Zuckeberg le « successeur de l’internet mobile ». Il n’est pas le seul. De Microsoft à Disney en passant par Nike, nombre de géants du numérique, du divertissement ou de la mode y voient le prochain grand saut dans l’évolution d’Internet.

Pourquoi ça fait l’actualité ?

Le métaverse fait surtout l’actualité depuis le changement de nom de Facebook, le groupe aux 2,9 milliards d’utilisateurs actifs dans le monde. En octobre 2021, Mark Zuckerberg a choisi de changer Facebook en Meta Platforms.

Il espère ainsi unifier les applications (WhatsApp, Instagram…) et la technologie de l’entreprise sous un seul nom, Meta.

Depuis plusieurs années, l’ancien étudiant d’Harvard investit dans le métaverse. En 2014, Facebook avait racheté les casques Oculus, pour se placer comme l’un des leaders dans la réalité virtuelle.

À l’été 2021, le développement du projet « Horizon Workrooms » avait permis de suivre des réunions en réalité virtuelle en 3D réunissant jusqu’à seize personnes grâce à des lunettes spéciales. Et en septembre, Facebook a nommé au poste de directeur technologique Andrew Bosworth, dirigeant de Facebook Reality Labs et à ce titre un de ses spécialistes du métaverse.

Le rappeur américain Travis Scott a également contribué à l’expansion de la métaverse. En avril 2020, durant le confinement, il profite de l’interdiction des concerts pour créer son avatar sur le jeu vidéo Fortnite. Il avait alors réuni 12,8 millions de personnes pour un concert 100 % numérique, au sein même du jeu.

Une technologie déjà utilisée ou aperçue ?

Oui. L’un des exemples les plus vivants est Second Life. Presque considérée comme un jeu vidéo, cette plate-forme ressemble finalement à un simple endroit pour sortir où il n’y a aucun défi, aucun scénario prédéfini et où le joueur peut vivre une « seconde vie » dans un monde recréé en 3D.

Second Life existait déjà il y a plus de 20 ans, avec une grande médiatisation au milieu des années 2000. Son fondateur a récemment décidé de remobiliser une partie de ses équipes dessus, à l’heure où la métaverse revient à la mode.

second_life

Ready Player One (2018) de Steven Spielberg, traite également du métaverse à travers un récit où tout le monde passe presque tout son temps avec un casque de réalité virtuelle devant les yeux pour parcourir l’OASIS, un monde virtuel. Le spectateur est plongé à la fois dans la réalité et dans le virtuel inspiré de l’univers « gaming » et des jeux vidéo de manière générale.

Ready Player One - Bande-Annonce Officielle (VF) - Steven Spielberg

Quel avenir pour le métaverse ?

Aujourd’hui, le métaverse n’en est encore qu’à ses balbutiements. Le développement souffre encore de freins technologiques importants. On ne peut pas totalement se plonger dans le monde virtuel, et actuellement ce n’est « qu’une » numérisation du monde réel.

Mais dans le futur, cet univers virtuel devrait continuer à grandir. « C’est un avenir qui dépasse toute entreprise. Cela sera fait par nous tous », a déclaré Mark Zuckerberg dans son discours d’ouverture sur Facebook Connect lors du lancement de Meta.

zuckerberg_meta

Selon une étude menée par Bloomberg Intelligence, le marché annuel du métaverse pourrait peser 800 milliards de dollars en 2024.

Et pour Matthew Ball, PDG de la société de capital-risque Epyllion Industries, l’économie du métaverse pourrait atteindre la somme de 30 000 milliards d’ici 10 ans. Un marché potentiel que ne veulent pas laisser passer les grandes entreprises du numérique.

« Selon le sens commun, nous verrions certains des leaders d’aujourd’hui prospérer sur Internet ou dans un métaverse de nouvelle génération, mais en particulier, nous verrions l’arrivée au premier plan de nouvelles entreprises, a également estimé Ball sur la chaîne Bloomberg News. Le consensus général prévoyait qu’AT & T et AOL domineraient à l’ère d’Internet, que les avantages de Microsoft perdureraient, mais en fait, rien de tout cela ne s’est produit. »

Et ce scénario, Facebook ne veut pas en entendre parler.

À lire aussi > AOL : la descente aux enfers d’un pionnier de l'internet

Éco-mots

Capital risque

Prise de participation par un ou des investisseurs, généralement minoritaire, au capital de sociétés non cotées. L’objectif de l’investisseur est de participer financièrement au développement d’entreprises innovantes à fort potentiel de croissance et de réaliser une plus-value substantielle lors de la cession de ses titres.