Afrique : la traite des esclaves, coupable n°1 du retard de développement
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Afrique : la traite des esclaves, coupable n°1 du retard de développement

André Zylberberg, directeur de recherche émérite, Centre d’économie de la Sorbonne
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Nathan Nunn, professeur à Harvard, a calculé que la traite explique 72 % de l’écart de revenu moyen entre l’Afrique et le reste du monde. Elle aurait, sinon, un niveau de développement similaire à celui de l’Amérique latine ou de l’Asie.

Entre 1400 et 1900, le continent africain a connu quatre grandes traites d’esclaves. La traite dite « transatlantique » fut la plus importante. Des esclaves venant principalement de l’ouest et de l’est de l’Afrique furent déportés vers les colonies européennes du Nouveau Monde. Les trois autres traites furent de moindre envergure bien qu’elles aient débuté avant la traite transatlantique.

La traite dite « transsaharienne » déportait les esclaves du sud du désert saharien vers l’Afrique du Nord. Dans la traite dite « de la mer Rouge », les esclaves étaient capturés dans les pays bordant cette mer, puis expédiés au Moyen-Orient et en Inde. Enfin, dans la traite dite « de l’océan Indien », les esclaves étaient capturés en Afrique de l’Est puis expédiés dans des plantations situées dans diverses îles ou pays de l’océan Indien.

On estime qu’entre 1400 et 1900, 20 millions de personnes furent enlevées du continent africain pour être réduites en esclavage dans d’autres régions de la planète. Si la traite des esclaves n’avait pas existé, en 1800, la population de l’Afrique aurait dû être deux fois plus nombreuse que ce qu’elle fut en réalité.