Pourquoi rejeter la science, c'est s'affirmer socialement
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Pourquoi rejeter la science, c'est s'affirmer socialement

Laurent Cordonier, docteur en sciences sociales, Université de Par
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Le fait d’adopter certaines croyances relève moins d’une évaluation des preuves de leur validité que de la motivation d’affirmer son identité sociale. La corrélation est forte entre affirmations climato-sceptiques et populisme d’extrême droite.  

Nous pensons tous que nos croyances sur le monde qui nous entoure sont les bonnes, c’est-à-dire qu’elles correspondent bien à la réalité. Certaines de ces croyances nous proviennent de nos sens, d’autres du témoignage de tiers (enseignants, médias, amis…) en qui nous avons confiance.

La source la plus fiable sur laquelle fonder nos croyances est sans nul doute la science. En effet, les connaissances scientifiques résultent d’un travail collectif de validation fondé sur des données vérifiables.

Pourtant, certaines personnes disent ne pas croire en certaines connaissances scientifiques qui font pourtant consensus chez les chercheurs, alors même que ces mêmes personnes n’ont pas de problème à accepter d’autres résultats scientifiques. Comprendre pourquoi permet d’éclairer deux faces de nos croyances : l’une psychologique, l’autre sociale.

Dissonance cognitive 

Un grand nombre de connaissances scientifiques admises par tous les chercheurs sont incompatibles avec les croyances traditionnelles ou religieuses. Il ne fait par exemple plus de doute pour les biologistes que l’être humain n’est pas « apparu » tel quel, mais qu’il résulte d’un long processus d’évolution naturelle.