Les progrès économiques et sociaux réalisés pendant les Trente Glorieuses (1951-1973) ne doivent pas faire oublier que le pouvoir d’achat et l’état sanitaire étaient bien pires qu’aujourd’hui.

Si l’on en croit le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (2013), « les Français sont souvent nostalgiques du monde d’hier et rêvent parfois de se soustraire au monde d’aujourd’hui ». Ils convoquent volontiers le passé des Trente Glorieuses qu’ils estiment préférables à leur présent. Jean Fourastié avait d’ailleurs écrit Les Trente Glorieuses précisément pour convaincre l’opinion française d’un fantastique changement de leur niveau de vie : en 22 ans (1951-1973), le pouvoir d’achat du Français le moins payé avait été multiplié par trois en termes réels.

Progrès sociaux & liberté…

Ce passé serait donc un âge d’or : plein emploi, contrats à durée indéterminée, augmentation régulière des salaires qui suivent le coût de la vie, accès à la propriété immobilière, essence et fioul bon marché avant 1973, promotion garantie au sein des entreprises, industrie qui offrait de « bons » emplois, extension des conventions collectives définissant les droits et des devoirs des salariés et des patrons, extension de la couverture des risques sociaux (la « Sécu ! »), allongement des congés payés de deux semaines (depuis 1936) à cinq semaines (1981) par an… La liste est longue des améliorations intervenues pendant le troisième quart du XXe siècle.