Déclassement aux États-Unis. « La crise de 2008-2009 m'a fait dégringoler sur l'échelle sociale »
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Déclassement aux États-Unis. « La crise de 2008-2009 m'a fait dégringoler sur l'échelle sociale »

Alexis Buisson (aux États-Unis)
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Au pays du rêve américain, portrait de deux salariés balayés par la crise et condamnés à la mobilité sociale descendante. Même temporaire, ce déclassement a laissé des traces profondes.

« J’ai ressenti tout le poids du monde sur mes épaules. » Dan Donohue, habitant de l’Illinois, n’a rien oublié de son calvaire. Pendant la crise de 2008-2009, ce père de quatre enfants avait perdu son emploi. Il avait dû se résigner à faire appel aux banques alimentaires, pour nourrir sa famille.

« J’étais bénévole dans une association qui distribuait des repas. Soudain, je me suis retrouvé dans la file d’attente. » Bienvenue aux États-Unis, terre de contrastes cruels : c’est le pays des ascensions sociales fulgurantes, mais aussi celui des dégringolades vertigineuses, que son maigre filet des protections sociales ne permet pas d’amortir.

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À 61 ans, Dan a connu les deux facettes du « rêve américain ». Élevé par une mère célibataire avec quatre frères et sœurs, il a grandi dans un milieu modeste. Pour en sortir, il a fait le pari de l’éducation. Avec deux masters en poche, il a monté, avec sa femme, sa propre entreprise d’aménagement paysager. « J’ai cru dans le rêve américain, à l’idée qu’on peut créer sa boîte et faire fortune. » Puis la « Grande Récession » s’est abattue sur le pays.