Don/contre-don : cette théorie qui explique pourquoi on se couvre de cadeaux à Noël
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Don/contre-don : cette théorie qui explique pourquoi on se couvre de cadeaux à Noël

Erwan Pastol, Professeur de SES
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Marcel Mauss estime que nous sommes soumis à la triple injonction de donner, rendre et recevoir. En apparence désintéressé, l’échange de cadeaux participe en réalité à la reproduction des liens affectifs et de dépendance entre les individus.

Quel est le point commun entre un échange de colliers de coquillages en Mélanésie au début du XXème siècle et le déballage des cadeaux auquel de nombreux Français procèderont dans quelques jours ? Ils relèvent tous les deux de ce que Marcel Mauss caractérise comme la logique du don/contre-don.

S’appuyant sur des travaux ethnographiques menés par d’autres scientifiques auprès de sociétés traditionnelles en Nouvelle-Zélande, en Mélanésie et en Amérique du Nord, il établit un constat dont nous ferons l’expérience au pied du sapin le 24 au soir ou le 25 au matin : le fait de recevoir implique presque toujours de donner en retour.

L’impérieuse nécessité de donner, rendre et recevoir

Le neveu d’Émile Durkheim, initiateur de la sociologie en France, va encore plus loin. Il prouve qu’une norme puissante est à l’œuvre dans les « grandes » sociétés dont nous sommes tous membres comme les « petites » sociétés que sont nos familles. « Refuser de donner, négliger d’inviter (…) équivaut à déclarer la guerre ; c’est refuser l’alliance et la communion », écrit-il dans son ouvrage majeur, Essai sur le don (1923-1924).