D'où vient l'expression : "Faire des économies de bouts de chandelles" ?

Idées

D'où vient l'expression : "Faire des économies de bouts de chandelles" ?

Signifiant l'emploi de son énergie à faire des économies par des procédés dérisoires, cette expression remonte au XVIIIe siècle, avant l'invention de l'électricité. 

Cette expression signifie que l’on consacre du temps et de l’énergie à faire des économies insignifiantes sur son budget. Elle souligne le ridicule qu’il y aurait à chercher à épargner le moindre sou pour, in fine, ne générer qu’un faible enrichissement.

Ce n’est pas un hasard si cette expression a une tonalité méprisante : elle a d’abord servi aux classes supérieures pour critiquer les plus modestes. Les bourgeois et les nobles disposaient de personnel de maison, qui se consacraient aux tâches d’entretien du foyer.

Avant l’invention de l’électricité, une grande partie de leur travail consistait à disposer, allumer, changer et éteindre les chandelles servant à éclairer les maisons.

Les bougies utilisées par les riches étaient à cette époque fabriquées en cire d’abeille et très coûteuses (les plus pauvres utilisaient des bougies de suif, qui éclairaient mal et dégageaient une fumée désagréable).

Une revente de "bouts de chandelles"

Les domestiques récupéraient donc les «bouts de chandelles», c’est-à-dire les morceaux de cire d’abeille qui restaient lorsque la bougie avait fini de brûler.

Une fois qu’ils en avaient en quantité, ils les revendaient aux ciriers, artisans spécialisés dans la fabrication de chandelles, qui réutilisaient cette cire pour fabriquer d’autres bougies.

Ce trafic permettait aux servants de gagner quelques pièces, en plus de leur salaire. Aux yeux de leurs riches employeurs, les sommes récoltées étaient dérisoires, suscitant ainsi l’expression moqueuse «d’économies de bouts de chandelles»