D'où vient l'expression : « Le temps, c’est de l’argent » ?

Idées

D'où vient l'expression : « Le temps, c’est de l’argent » ?

Expression courante de nos jours, la formule « le temps, c’est de l’argent » apparaît déjà dans des sources antiques.

couv_plCet article est extrait de notre magazine consacré au pouvoir d'achat. À retrouver en kiosque et en ligne.

Attribuée à Benjamin Franklin, l’un des pères fondateurs des États-Unis, cette maxime serait en réalité beaucoup plus ancienne et daterait de l’Antiquité.

L’homme d’affaires et politicien, dont l’emploi du temps était ultra-minuté, l’aurait popularisée par la formule « souviens-toi que le temps, c’est de l’argent », qui figure dans ses Conseils à un jeune artisan. Nous sommes alors en 1748, la révolution industrielle en est à ses balbutiements.

Alors que l’on commence tout juste à concentrer les ateliers de fabrication, l’idée que le temps est lié à l’argent gagne en popularité à mesure que la tâche de l’ouvrier se révèle quantifiable à la seconde près. 

Pour certains, Benjamin Franklin aurait plagié (une pratique courante à l’époque) une expression lue dans un article de 1719 du journal The Freethinker, lequel aurait lui-même repris une phrase du diplomate anglais Sir Thomas Wilson dans son essai de 1572 sur l’usure : « On dit que le temps est précieux. »

Une idée déjà présente au Ve siècle avant J.-C.

Or dès le Ier siècle avant J.-C., les Vies de Plutarque font référence à Antiphon, un orateur ayant vécu au Ve siècle avant notre ère. Il serait l’auteur de la version la plus ancienne de cette expression, ayant écrit : « Le temps, dont la dépense coûte plus cher que tout. » 

Derrière ce dicton, on trouve l’idée qu’il suffirait, pour réussir, d’y consacrer suffisamment de temps pour que l’argent arrive.

Aujourd’hui, on l’utilise surtout pour rappeler que le temps est quelque chose de précieux, une denrée limitée qu’il faut utiliser à bon escient. Et nous serions nombreux à avoir le sentiment de ne pas bien le faire : selon un sondage de 2018, quatre Français sur cinq ont le sentiment de perdre leur temps au cours de leur journée.