Élections : et si le fact checking ne servait à rien ?
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Élections : et si le fact checking ne servait à rien ?

André Zylberberg
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Une fake news conserve sa rentabilité électorale, même lorsqu'elle est démentie par des chiffres incontestables. C'est ce que montre une étude menée en 2017 à partir d'une déclaration à propos des migrants de Marine Le Pen, alors candidate du Rassemblement national à l'élection présidentielle.

Question : les fake news (fausses nouvelles), qualifiées parfois pudiquement de « faits alternatifs », influent-elles sur les intentions de vote ? Autre question : lorsque le fact checking (vérification des faits) dévoile un mensonge au grand jour, cela modifie-t-il ces mêmes intentions ?

Une expérience menée pendant la campagne présidentielle française de 2017 apporte de mauvaises nouvelles : oui, les fake news ont un effet substantiel sur les électeurs et non, le fact checking ne modifie pas leurs intentions de vote. Au contraire, il semble même les affermir.

À lire : La machine infernale des « fake news »

L’expérience s’appuie sur un échantillon de 2 480 personnes, représentatif des régions ayant fortement privilégié le vote pour le Rassemblement national lors des précédentes élections.

Un des volets de l’expérience porte sur une déclaration de la candidate de ce parti, Marine Le Pen, laissant entendre que 99 % des migrants vers l’Europe étaient des hommes seuls arrivant sans leur famille, ce qui « prouve » qu’ils sont guidés par des motifs purement économiques et non par la nécessité de fuir des zones de conflit ou une répression d’ordre politique.