Élections : et si le fact checking ne servait à rien ?

Idées

Élections : et si le fact checking ne servait à rien ?

Une fake news conserve sa rentabilité électorale, même lorsqu'elle est démentie par des chiffres incontestables. C'est ce que montre une étude menée en 2017 à partir d'une déclaration à propos des migrants de Marine Le Pen, alors candidate du Rassemblement national à l'élection présidentielle.

Question : les fake news (fausses nouvelles), qualifiées parfois pudiquement de « faits alternatifs », influent-elles sur les intentions de vote ? Autre question : lorsque le fact checking (vérification des faits) dévoile un mensonge au grand jour, cela modifie-t-il ces mêmes intentions ?

Une expérience menée pendant la campagne présidentielle française de 2017 apporte de mauvaises nouvelles : oui, les fake news ont un effet substantiel sur les électeurs et non, le fact checking ne modifie pas leurs intentions de vote. Au contraire, il semble même les affermir.

À lire : La machine infernale des « fake news »

L’expérience s’appuie sur un échantillon de 2 480 personnes, représentatif des régions ayant fortement privilégié le vote pour le Rassemblement national lors des précédentes élections.