En 1857 déjà, une mise en garde pro-environnement face à la prédation du productivisme

Idées

En 1857 déjà, une mise en garde pro-environnement face à la prédation du productivisme

La technique n’entraîne pas tant un surcroît de productivité qu’un épuisement des ressources, prévenait déjà le philosophe Eugène Huzart, prophète d’une croissance soutenable et encadrée par des instances supranationales. Une critique de la révolution industrielle et du progrès qui résonne fortement en 2021.

« L’homme, en jouant ainsi avec cette machine si compliquée, la nature, me fait l’effet d’un aveugle qui ne connaîtrait pas la mécanique et qui aurait la prétention de démonter tous les rouages d’une horloge qui marcherait bien, pour la remonter à sa fantaisie et à son caprice. [...]  L’homme dans l’avenir ne doit pas tenter des expériences capitales, décisives, sans avoir l’assurance qu’elles ne peuvent en rien troubler l’harmonie des lois de la nature ; il faudra dans l’avenir créer des écoles spéciales ayant pour but de déterminer et d’étudier les lois qui constituent l’équilibre du globe ; [...] »

Publié en 1855 à la suite de l’Exposition universelle de Paris, L’Arbre de la science, dont est issu cet extrait (une version plus longue est disponible plus bas), est la première critique progressiste d’un progrès technique qui prend son essor avec le développement des transports ferroviaires, l’exploitation des ressources énergétiques telles que le charbon, la fabrication de nouveaux matériaux de construction tels que l’acier ou la mécanisation des processus de production.