La revalorisation du salaire minimum au 1er octobre a augmenté les revenus de 2,25 millions de salariés. Mais l’analyse économique prouve que les effets de cette hausse sur le niveau d’emploi sont contrastés.

Au 1er octobre, le Salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) est passé de 10,25 à 10,48 euros brut de l’heure, soit un gain de 35 euros brut par mois pour une personne à temps plein.

Cette hausse est automatique dès lors que l’inflation dépasse les 2 % pour les 20 % des ménages disposant des revenus les plus modestes, or l’indice des prix de l’Insee affichait une hausse de 2,2 %. Prenant acte de cette revalorisation, Bruno Le Maire prévenait cependant : « Donner un coup de pouce au Smic, c’est aussi donner un coup de canif au redressement de l’emploi. »

Sur quel raisonnement économique le ministre de l’Économie se fonde-t-il ? L’analyse néo-classique du marché du travail (Marshall, 1896) estime de fait que la hausse d’un salaire minimum peut inciter les entreprises à réduire leur demande de travail, c’est-à-dire à diminuer le nombre d’emplois qu’elles proposent.