Sujet central de la vie politique, le chômage « moderne » est né de la révolution industrielle. Petit historique du phénomène, du XIXe siècle aux années 1930, pour mieux comprendre son évolution.  

Depuis la crise des années 1970, le chômage est un sujet de préoccupation dans les pays développés. En France, il est même le thème politique central depuis les années 1960 où Georges Pompidou, alors Premier ministre, déclarait : « Si un jour on atteint les 500 000 chômeurs, ce sera la révolution. » La suite est connue : deux millions 1981 et trois millions en 1993. Depuis, le chômage français n’est jamais redescendu en dessous de 8,5 % de la population active. Est-ce une fatalité ?

« L’invention » du chômage

Avec le développement du salariat industriel, au XIXe siècle, le chômage devient un phénomène social à part entière. Mais il existait déjà : au Moyen-Âge, à Paris, les travailleurs urbains sans tâche se retrouvaient place de Grève pour tenter de se faire embaucher. En Angleterre, à partir du XIVe siècle, la population urbaine comprend de plus en plus d’indigents venant des campagnes où le travail manque. Dès le début du XVIIe siècle, les Poor Laws (lois pour les pauvres) obligent les paroisses à les prendre en charge tout en opérant une distinction entre les pauvres méritants, ceux qui désirent travailler, et les autres, qui suscitent la défiance.