Le travail, un marché pas comme les autres
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Le travail, un marché pas comme les autres

Le travail, un marché pas comme les autres

Béatrice Madeline
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Dans le quartier du Sentier, à Paris, l’empire du commerce de gros du textile, la scène se répète à l’envi. Des hommes, généralement d’origine indienne ou pakistanaise, se tiennent au coin des rues, disponibles pour charrier les lourds rouleaux de tissu vers les échoppes des grossistes, moyennant un prix fixé verbalement.

Une scène qui peut se dérouler n’importe où dans le monde – villes d’Asie, quartiers pauvres d’Amérique du Sud ou ports d’Afrique – et qui incarne parfaitement ce qu’est le marché du travail : la rencontre entre une offre de travail – les Indiens qui proposent leurs bras et leur force pour charrier les rouleaux – et la demande – celle des commerçants qui ont besoin de faire transporter la marchandise. Quant au prix fixé pour cette transaction, variable selon l’offre et la demande, il porte un nom : le salaire.

L’offre et la demande

À l’échelle d’une ville ou d’un pays, le marché du travail devient bien évidemment abstrait, car, à cette échelle, il est impossible pour les travailleurs de se réunir sur la « place du village » afin de répondre aux demandes des artisans ou des commerçants ! Dans ce marché abstrait, l’offre de travail provient de ce que l’on appelle la population active : les personnes en âge de travailler et disponibles pour le faire, qui proposent leur force physique ou leur savoir-faire.