Les « écoles de pensée » sont-elles des freins à la connaissance ?
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Idées

Les « écoles de pensée » sont-elles des freins à la connaissance ?

Manuel Quinon
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Par contraste avec les sciences dites « dures », les théories en Sciences humaines et sociales (SHS) restent bien souvent associées aux groupes et auteurs qui les ont développées dans des contextes idéologiques particuliers. Ce trait condamne-t-il ces disciplines à demeurer dans une forme de préhistoire scientifique ?

Imaginons un instant quatre lycéens, qui, une fois leur baccalauréat en poche, entament chacun une licence différente : Zoé en physique, Tom en biologie, Léa en économie, Dan en sociologie.

Alors que Zoé et Tom découvrent à la rentrée universitaire les lois générales et les méthodes éprouvées mises en œuvre par la communauté scientifique en physique et en biologie, Léa et Dan suivent, eux, des cours où l’histoire de l’économie et de la sociologie est présentée à travers des « courants » et des « écoles de pensée » : mercantilisme, marxisme, école néoclassique, keynésianisme, école durkheimienne, individualisme méthodologique, etc.

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Leader charismatique

Afin de s’orienter dans la forêt des approches théoriques qui marquent les SHS, on peut dès lors s’interroger sur ce qui constitue une « école de pensée » dans ces disciplines. Sur la base de travaux en histoire des sciences (« The Significance of Schools in the Development of Sociology », d'E. Tiryakian (1979) et « Les Écoles en sciences de l’homme : usages indigènes et catégories analytiques », d'O. Orain, Revue d’histoire des sciences humaines, 2018), trois grands critères permettent de caractériser ces « écoles de pensée ».